Semaine sans relief



Semaine sans relief

Il y a la torpeur estivale, et maintenant la torpeur automnale, voire l’hibernation.


Il ne se passe rien ou plutôt, rien qui ne semble intéresser les intervenants.


Le marché américain franchit tranquillement, chaque jour ou presque des records historiques grâce, cette semaine, au secteur de la santé. L’Europe flirte avec les niveaux de 2007.


Quelques observateurs agitent l’épouvantail de l’endettement global, en ressortant les chiffres du FMI (188 000 milliards de dettes soit 230% du PIB mondial) et des menaces qu’il fait peser sur le monde financier, d’autres leurs répondent que cet endettement est largement responsable du cycle de croissance et que c’est une conséquence logique des actions entreprises pour juguler la crise de 2008.


Les grandes banques accompagnent la hausse du marché en revoyant leur objectif à la hausse au fur et à mesure que l’optimisme s’empare du marché.


Alors que la pitrerie sur la guerre commerciale, continue d’alimenter les grands titres, on impact relatif sur les marchés s’estompe chaque fois davantage. Aujourd’hui l’accord de phase 1 est fragilisé (si l’on considère béatement qu’il doit être signé « très rapidement ») par des nouvelles menaces du Président Trump et l’adoption unanime d’une résolution (symbolique) du Sénat américain, pour soutenir les droits de de l’homme à Honk Kong. Les éditorialistes chinois, s’enflamment en retour, évidement.


On se rappellera que pour la contrepartie chinoise engagée dans les négociations, les discussions se passent tellement bien que le ministre du commerce chinois a trouvé bon de préciser que les 2 parties étaient d’accord pour rester en contact étroit !! Pas la meilleure façon d’exprimer l’optimisme des dites discussions, qualifiées depuis des mois de « constructive ».


Dans un registre similaire, le Brexit. Le 1er débat en vue des législative du 12 décembre, entre Johnson et Corbyn, hier soir a démontré une fois encore l’inconsistance politique. Ainsi le chef du Labour, Jeremy Corbin à dit, qu’en cas de nouveau referendum, il se conformerait au choix de la population. Cette déclaration est assez burlesque (nous souhaitons rester poli dans ce point du mercredi), de la part du chef de l’opposition, qui, depuis que les débats parlementaires et autres votes relatifs au Brexit ont commencé, a fait de l’obstruction systématique, alors que justement la représentation parlementaire était censée acter le choix populaire exprimé lors du référendum de juin 2016 !


Quant à la procédure de destitution, farce pour les républicains (qui sont quand même 75% à considérer que le fondement même de l’histoire n’existe pas !!) et démonstration implacable d’une collusion de la part du président pour les démocrates ne suscite absolument aucun intérêt de la part du marché. A ce stade c’est bien normal.


56.2% des américains (88.70% des démocrates et 18.8% des républicains) considèrent que leur président doit être destitué. Bien qu’il soit hautement improbable qu’il le soit (une majorité au Senat, républicain, semble irréaliste) le discrédit public qu’il subit depuis quelques jours pourrait bénéficier aux démocrates. Non pas à Joe Biden mais à Elisabeth Warren. Or cette dernière, plutôt très à gauche sur l’échiquier politique américain, a dans son programme des éléments peu favorable au marché.


Là encore il semble inimaginable qu’une personnalité politique comme madame Warren fédère les américains, mais il faut surement s’attendre à des réactions de marché de plus en plus nerveuses au fur et à mesure que l’on se rapprochera des échéances et au gré des sondages.


Pour terminer cette semaine sans grand intérêt, l’intervention de Powell mardi et mercredi devant la commission économique du congrès a entériné le fait qu’il n’y aurait pas de baisse des taux d’ici la fin d’année et le consensus désormais anticipe une seule baisse en 2020.


Il a également répété que l’activité importante de la banque centrale sur le marché du repo n’était rien d’autre qu’un ajustement technique, et pas une action référente de politique monétaire. Les marchés seront certainement attentifs à la publication des minutes ce soir, à la recherche du moindre indice qui pourrait laisser percevoir une attitude moins accommodante.



Olivier Armangau




Les thèmes de la semaine



Marchés européens

Encore une fois, les marchés européens finissent la période de manière dispersée, l’Eurostoxx et la volatilité termine la période en baisse de 0.81% et 0.53% respectivement, le marché espagnol reprend de la hauteur.



La situation à Hong Kong se dégrade


Les protestations violentes qui ont commencé la semaine dernière continuent de s’intensifier. Des scènes de violence se sont déroulées autour de l'Université polytechnique de Hong Kong alors que des centaines de manifestants avaient pris le contrôle du campus et se battaient entourés par la police. Après quatre jours, moins de 100 manifestants sont encore à l'intérieur de l'université, encerclés 24 heures sur 24 par la police anti-émeute et des barricades. Les derniers manifestants encore sur le campus n’ont toutefois pas l’intention d’abandonner et l’action policière les pousse à faire usage « d’une force sans précédent » affirme un militant.


De plus, les incertitudes concernant l’empiètement de Pékin sur Hong Kong ont été intensifiées après que le gouvernement chinois ait averti qu'il userait de son autorité, si nécessaire, pour passer outre au pouvoir judiciaire du territoire. Cet avertissement fait suite à la décision rendue lundi par un tribunal de Hong Kong qui a annulé l'interdiction controversée de porter un masque, que les manifestants ont utilisé pour protéger leur identité de la police.



Élément de tension sur les relations sino-commerciales


Dans ce contexte de tensions croissantes à Hong Kong, le Sénat américain a adopté une loi mardi visant à protéger les droits de l’Homme sur le territoire autonome. En vertu du premier projet de loi du Sénat, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo devrait certifier au moins une fois par an que Hong Kong conserve suffisamment d'autonomie pour pouvoir bénéficier d'une considération commerciale américaine spéciale qui renforce son statut de centre financier mondial. Elle prévoirait également des sanctions à l'encontre des fonctionnaires responsables de violations des droits de l'homme à Hong Kong.


Le Sénat a également adopté un deuxième projet de loi, également à l'unanimité, qui interdirait l'exportation de certaines munitions antiémeutes aux forces de police de Hong Kong. Elle interdit l'exportation d'articles tels que les gaz lacrymogènes, le gaz lacrymogène, le gaz poivré, les balles en caoutchouc et les pistolets paralysants.


Il n'y a cependant pas eu de réponse immédiate de la Maison-Blanche, qui n'a pas encore dit si Trump approuverait le projet de loi.


L'adoption des projets de loi a ainsi soulevé la colère de la Chine. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Geng Shuang, a déclaré que ces derniers «violait gravement le droit international et les normes fondamentales régissant les relations internationales. La Chine la condamne et s'y oppose fermement ». Il a également indiqué que le premier projet de loi est de « viser à renforcer le soutien des extrémistes et éléments violents contre la Chine et Hong Kong ».


Alors que l’accord de « phase 1 » sur le front commercial semble toujours aussi difficile à finaliser, l’implication des États-Unis dans la politique intérieure chinoise ne va pas arranger la situation. Cinq semaines après la déclaration de Donald Trump qu’un « accord serait atteint dans les prochaines semaines », la situation stagne toujours. La prochaine date à surveiller semble désormais être le 15 décembre, date à laquelle les droits de douane sur quelque 156 milliards de dollars de produits chinois entreront en vigueur.



Powell devant le sénat


Les banquiers centraux américains entrevoient une « expansion soutenue » de l'économie américaine, avec le plein impact des récentes baisses des taux d'intérêt qui se font encore sentir et le faible taux de chômage qui stimule les dépenses des ménages, a déclaré Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, mercredi dernier, dans un discours qui a écarté toute crainte d'un ralentissement imminent.


Le maintien des taux directeurs à 1.75-1.50% est le scénario le plus probable lors de la prochaine réunion du FOMC, le 11 décembre.



Aymeric Graindorge




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