La couvade continue de la FED mise à mal ?



La couvade continue de la FED mise à mal ?


Donc la croissance américaine est sortie à 3.2% pour le 1ere trimestre 2019.

Certes la consommation des ménages est ‘décevante’ (mettant à mal d’ailleurs la relation entre emploi et consommation) mais les exportations quant à elles contribuent très largement (à mettre au crédit de la politique agressive de négociation du président Trump? ou reflet d’une demande étrangère en hausse (et donc pas du tout d’en ralentissement économique que nous servent les banques centrales?) et cerise sur le gâteau les importations sont en baisses (là encore répercutions positive de la politique de menace américaine ou moindre consommation des ménages en produit étranger?. Enfin les stocks contribuent aussi très positivement (0.7%)


En retraitant des stocks la croissance ressort quand même à 2.5%, et même si pour certains observateurs cette formidable accélération de la croissance est liée à des facteurs non récurrent (comme les dépenses de l’État), c’est un acquis non négligeable pour l’année courante. Mais surtout cela nous montre qu’il ne faut pas préjuger de la croissance à venir ou faire preuve d’un peu plus de prudence quant à la capacité d’analyse


Et pourtant, depuis le début d’année, la FED mais aussi la BCE ou la BOJ mais également le FMI n’ont de cesse de mettre en avant les ‘incertitudes’ entourant la croissance, les ‘menaces’ sur le commerce mondial lié à la ‘guerre commerciale’ et la prime de risque politique pour mener une politique de couvade des marchés financiers.


Encore une fois il semble y avoir un écart important entre les données économiques et le discours alarmiste des banques centrales. Mais ces dernières vont persister dans cette voie. Désormais c’est le risque déflationniste qui nous est servi pour justifier un éventuel nouvel assouplissement quantitatif. Jusqu’à présent ce n’était que l’apanage du Japon et de l’Europe (avec une efficacité NULLE) le Japon et mais depuis quelques semaine la FED sensibilisait le marché au niveau d’inflation trop bas et à des mesures d’assouplissement ‘nécessaires’ pour juguler cette baisse. Mais à l’issu des 2 jours de réunion de son comité de politique monétaire, Jerome Powell a surpris le marché. Le consensus qualifiait cette réunion de ‘non event’ et la probabilité d’une baisse des taux d’ici la fin d’année augmentait même, avec près de 50% des intervenants pariant sur un tel mouvement. Mais finalement, Jerome Powell aura surpris en indiquant que la faiblesse de l’inflation actuelle était « temporaire ». Il n’en fallait pas plus pour que le marché prenne un peu de profit.


Quoiqu’il en soit, avec des résultats d’entreprises meilleurs que prévus (sans surprise d’ailleurs, vu les révisions à la baisse qui ont été faites tout le trimestre), des données économiques qui permettent toujours au scenario de boucle d’or de perdurer, et des banques centrales qui n’auront désormais plus d’autres choix que de rester très accommodantes, les marchés jouissent d’un environnement plutôt favorable.

Les réflexes générés par 10 année d’assouplissement quantitatif (achat du marché par défaut, vente de volatilité en stratégie de rendement, effondrement des taux, etc…) sont les meilleurs garants d’une politique monétaire ultra accommodante permanente tant les ‘dérèglements’ sont désormais important.


Avec une hausse de plus de 18% en 4 mois, le marché américain affiche son meilleur départ en 9 ans. Comme en 2017, le ‘buy the dip’ n’a plus le temps de fonctionner car il n’y a plus de baisse, le ‘risk of a melt-up’ et autre ‘FOMO’ sont de nouveau très populaire dans la presse financière. Le plus singulier dans cette hausse, c’est que les flux à destination des marchés actions sont largement négatifs. Les rachats de fonds actions atteignent selon BofA ML près de 95 milliards sur les 4 premiers de l’année !

Cette ‘réserve’ que semble afficher les investisseurs et peut être le meilleur gage d’une stabilité du marché. Au risque d’enfoncer une porte ouverte, difficile d’avoir une pression vendeuse quand il n’y a pas grand-chose à vendre !


En Europe c’est le même constat de hausse vertigineuse. Les statistiques économiques par contre continuent d’être contrastées (mais c’est un puissant soutien pour le marché via le ton accommodant des banques centrales) mais l’amélioration récentes des données chinoises (grâce aux mesures de soutien de la banque centrale et du gouvernement) va se traduire par un rebond allemand, et la résilience de la croissance américaine combinée à l’accord commercial avec la Chine donnera une nouvelle impulsion positive au sentiment à même de réveiller la croissance européenne. C’est en tout cas le scenario central consensuel.


Avec plus de 17% de progression depuis le début d’année, il faut remonter à 1998 pour enregistrer une vigueur similaire sur les 4 premiers mois de l’année. Au 30 avril 1998 l’eurostoxx50 était alors en hausse de plus de 26% (l’année se terminant à 32% de hausse) après 3 année précédentes de très forte progression. La séquence actuelle n’est donc pas inédite. Ce qui est intéressant c’est que de plus en plus d’analyste indiquent, mollement, par confort certainement au cas où le marché viendrait à baisser, que le hausse du marché dépasse désormais les fondamentaux.


Continuons sur les données de marché. En Europe, depuis la création de l’eurostoxx50 en 1991, les mois de mai, juin et aout sont les 3 moins bons mois de l’année avec respectivement des performances moyennes et médianes toutes négatives de 0.81% et 0.14% pour mai, de 1% et 0.51% pour juin et de 1.56% et 0.19% pour aout. Un peu plus de 55% du temps sur les 27 dernières années les mois de mai et aout ont été négatifs. Pour le mois de juin le pourcentage est le plus élevé avec une marque de 66%.

Mais dans le contexte actuel il conviendra très certainement de ne pas extrapoler de telles données.


Après tout, le seul vrai risque pour le marché est qu’une amélioration trop franche des indicateurs économique aux États Unis et de l’inflation, provoquent un arrêt de la ‘patience’ de la FED. La séance de ce mercredi 1er mai en est un exemple plutôt probant.


Bonne semaine,

Olivier Armangau




Les thèmes de la semaine



Marchés européens

Les bons résultats des PIB du premier trimestre ont aidé les marchés européens à finir le mois d’avril comme ils l’ont commencé, en hausse.


Mois d’avril

Le mois d'avril ne fait pas défaut à la lancée du premier trimestre et marque ainsi le quatrième mois consécutif de hausse pour les marchés européens comme américains.


Le S&P 500 et le Nasdaq ont effacé la baisse de fin 2018 au cours du mois, atteignant des plus hauts historiques. Le S&P 500 fini même le mois au plus haut, à 2945.83 points.


L'Eurostoxx 50 est encore loin de ces plus hauts, mais il connait un très bon mois malgré des statistiques européennes décevantes. Il gagne 4.86% sur le mois et atteint ainsi une croissance annuelle de 17.1%.


Chine

Peu d’informations sur les négociations sino-américaines de la semaine qui se sont terminées aujourd’hui avec toujours le même discours à l’issue de celles-ci : Les discussions ont été « productives ». Elles continueront la semaine prochaine à Washington.


Le PMI manufacturier chinois est ressorti sous les attentes et en baisse au mois d’avril. Il descend à 50.1 contre 50.5 attendu comme en mars. L’indice de l’activité manufacturière frôle la zone de contraction dont il était sorti en mars après trois mois. Ces statistiques infirment les données économiques des semaines précédentes plutôt encourageantes.


T1 2019

La croissance du PIB américain au premier trimestre a donc atteint 3.2%, contre 2.0% estimé. Bien que nettement plus élevé qu'attendu, l'économie de base constituée des dépenses de consommation et des investissements des entreprises n'ont augmenté que de de 1.09%.


Cette expansion est donc principalement expliquée par la hausse des marchés, la réduction de la balance commerciale et les dépenses gouvernementales qui représentent respectivement 0.65%, 1.03% et 0.41% du PIB.


Du côté européen, c'est une surprise positive également, mais bien moins importante. Le PIB de la zone euro au premier trimestre s'est établi à 0.4%, contre 0.3% estimé.

Par ailleurs, l'Italie qui était en récession aux deux derniers trimestres de 2018 est repartie en croissance avec un PIB de 0.2%, au-dessus des estimations à 0.1%.

Le sentiment en Europe

Les indicateurs de climats et de sentiments en Europe ne cessent de diminuer et de sortir en dessous des estimations. La semaine dernière c'était la confiance des consommateurs et l'Ifo allemand, cette semaine c'est au tour du climat des affaires et du sentiment économique. Ces derniers se sont établis respectivement à 0.42 et 104, contre 0.49 et 105 estimé.



Aymeric Graindorge



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