On respire ?



On respire ?


Les résultats de Facebook hier soir (avertissant que son modèle économique était en mutation, ce qui se traduirait par une croissance moins rapide et les coûts plus élevés !) plutôt mitigés n’ont pas du tout été sanctionnés par le marché. Le titre est en hausse de 4.30% à 2h de la clôture. Le PMI Manufacturier chinois ce matin, ressorti en-dessous des attentes et marquant le rythme d’expansion le plus faible depuis juillet 2016, n’a pas non plus contrarié le marché. Le CSI 300 terminait en hausse de 1.40%. Et pourtant, depuis quelques semaines, et particulièrement depuis le début de la saison des résultats, la thématique de la fin de cycle américain et/ou du pic des résultats financiers ainsi que celle du ralentissement chinois, ont causé beaucoup de tracas aux opérateurs. Avec des replis moyens de l’ordre de 7%, ce mois d’octobre aura été délicat. Plus encore que la baisse, ce sont les renversements de tendance quasiment quotidiens (!) qui auront été très perturbants; révélateurs du stress important des opérateurs. A la clôture européenne ce soir, les futures de volatilité restent cependant toujours inversés (la pente est moins élevée que la semaine passée). De même, le ratio des Put/Call reste encore largement supérieur à 1. Vstoxx et volatilité de volatilité sont également sur des niveaux toujours élevés malgré la forte baisse du jour. Que les observations de volatilité envoient des indications divergentes aux mouvements de marché de ces 2 derniers jours est une situation plutôt normale après une période de stress importante comme nous l’avons vécue. Cette normalisation ou cet excès de volatilité est compatible avec un sentiment qui semble être largement plus positif. Notamment grâce à Donald Trump qui a hier fait état de son souhait d’arriver à un accord avec la Chine pour éviter une guerre commerciale. Alors que le thème des tarifs n’en n’était plus un, le fait qu’il ait permis au marché de se ressaisir fortement hier (après une nouvelle inversion le marché ayant reperdu les gains du début de séance) est une illustration de ce sentiment qui change. De même, alors que la semaine passée tous les indicateurs techniques de marché indiquaient la survente et étaient utilisés pour peser encore davantage sur la tendance, ils sont désormais vu comme des signaux ‘habituels’ contrariants. Monsieur Trump, encore lui, n’en finit pas d’imprimer sa marque au monde : Nouvelle victoire pour le national-populisme avec l’élection de Monsieur Bolsonaro au Brésil. Cet ancien militaire, nostalgique de la dictature militaire, partisan de la torture, sexiste, raciste et homophobe, (des critères qui semblent désormais être des critères de choix !!) inquiète…la Chine !! On se pince ? Alors que, confortablement, nous nous offusquons de ce vote démocratique, un sondage d’Ifop en France, paru ce matin, vient apporter un peu d’humilité : Il nous apprend que 41% des français sont d’accord pour ‘confier la direction du pays à un régime politique autoritaire’ ! https://www.ifop.com/publication/les-francais-et-le-pouvoir/ L’Europe toujours, qui n’en finit plus de décevoir : La croissance au troisième trimestre est ressortie à 0.2% (on se rappellera de la croissance américaine à 3.5% certes essentiellement portée par les stocks, mais quand même !) en première estimation. Le consensus attendait 0.4%. Les tensions commerciales semblent être mises en avant pour expliquer pareille déconvenue. Intéressant de constater que pour le moment seuls les partenaires des américains semblent impactés. Voilà de quoi motiver encore davantage l’administration Trump (en dépit de l’intervention du président évoqué plus haut). Et cerise sur le gâteau l’inflation est à la hausse ! Mardi prochain nous serons donc fixés sur les élections de mi-mandat. Le consensus parie sur une victoire des démocrates à la chambre des représentants et un sénat qui resterait républicain (le découpage électorale et le nombre de sénateurs à renouveler est défavorable aux Démocrates). La surprise, positive pour le marché, serait une victoire totale des républicains. Elle permettrait à Donald Trump de dérouler son programme pour assurer sa réélection en 2020. Si le résultat sur les dépenses publiques sera un nouveau creusement du déficit, il ne faut pas sous-estimer les résultats économiques ainsi qu’un rebond de marché important. A l’inverse en cas de victoire complète des démocrates (une autre surprise), le président pourrait être tenté de marquer encore davantage son mandat sur les questions de politiques extérieures avec toutes les conséquences (à court mais surtout à long terme) dommageables pour l’économie et les relations mondiales.


Olivier Armangau




Les thèmes de la semaine


Marchés européens

Légère reprise générale des marchés européens depuis mercredi dernier permettant de finir le mois sur une hausse après un mois difficile.

Croissances économiques

Nous avons appris vendredi que la croissance américaine lors du troisième trimestre a moins reculé que prévue. Le taux de croissance du PIB a atteint 3.5% au rythme annuel contre un consensus à 3.3%. Avec une croissance de 4.2% au deuxième trimestre et 2.2% au premier trimestre, le président Trump est sur le point d'atteindre son objectif de croissance annuelle de 3%. Bonne nouvelle pour le parti républicain à la veille des élections de mi-mandat.

Ce début de semaine ce fut au tour de l'Europe d'annoncer la croissance et celle-ci a quelque peu déçue. La croissance du PIB du troisième trimestre a chuté à 0.2% contre un consensus à 0.4%.


BCE

Jeudi dernier s’est déroulé la conférence de presse de la BCE au cours de laquelle peu d'informations importantes ont filtrées.

Tout d'abord, l'institution a laissé ses taux inchangés, soit le taux de refinancement est resté à zéro, le taux de la facilité de dépôt à -0.4% et celui de la facilité de prêt marginal à 0.25%. Et la BCE prévoit toujours d'arrêter son programme d'assouplissement quantitatif d'ici fin décembre.

Concernant la croissance, malgré une faiblesse momentanée des dernières informations, celles-ci « restent dans l'ensemble cohérentes avec la poursuite d'une expansion généralisée au sein de l'économie de la zone euro et des pressions inflationnistes augmentant graduellement », selon Mario Draghi. Les risques principaux évoqués pour la croissance de la zone euro sont les risques liés au protectionnisme, aux vulnérabilités dans les marchés émergents et à la volatilité des marchés financiers.

Enfin, de nombreuses questions sur l'Italie ont été posées, mais peu de réponses. Le président de la BCE a rappelé que la question de l'Italie était une question budgétaire, n'étant donc pas du ressort de l'institution, mais il a tout de même précisé qu'ils recherchaient le dialogue.


Italie

Standard & Poor's a annoncé vendredi dernier dans la soirée qu'ils ne dégradaient pas la note de crédit de l'Italie, ne suivant pas le chemin de Moody's une semaine plus tôt. L'agence a cependant rétrogradé sa perspective de « stable » à « négative ».

Cependant, une nouvelle statistique publiée mardi risque de compliquer la situation de crise entre Rome et Bruxelles. Le PIB du troisième trimestre est resté inchangé par rapport au deuxième trimestre, l'Italie enregistre ainsi sa plus faible croissance depuis près de 4 ans.

Face à cela, le gouvernement italien annonce qu'il avait prévu cette situation et ce serait pour cela qu'il a décidé d'avoir un budget expansif qui viserait à inverser cette tendance. Le gouvernement a donc affirmé qu'il ne reviendra pas sur son budget prévisionnel de 2019.

Il ne reste plus qu'une semaine et demie pour que le gouvernement italien présente un budget révisé, se conformant aux exigences européennes, selon le délai fixé par la BCE. Toutefois, la situation semble être dans l'impasse et la BCE se devra peut-être de mettre en place des mesures disciplinaires pour se faire entendre.


Chine vs États-Unis

La rivalité reprend. Trump annonce être prêt à mettre en place de nouveaux droits de douane sur les importations chinoises restantes dans le cas où la prochaine rencontre avec Xin Jinping ne mène à des avancées concrètes. Il repart à la charge également en annonçant qu'il pense pouvoir atteindre un « grand » accord, ajoutant que « cela devrait être un grand accord sachant qu'ils ont épuisé notre pays ». Les deux hommes se rencontreront en marge de la réunion du G20 le 30 novembre prochain à Buenos Aires.



Aymeric Graindorge




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