On efface tout et on recommence !




On efface tout et on recommence !


Une fois de plus, le consensus est pris à contre-pied. Et une nouvelle fois c’est monsieur

Powell qui aura été le catalyseur du mouvement.


Alors que le sentiment était devenu dramatiquement négatif en fin d’année et que

l’avertissement d’Apple sonnait comme le cout de grâce, il n’était plus alors tabou de

parler de récession. Volant au secours des marchés et leur délivrant exactement le

message qu’il voulait entendre sur le rythme de normalisation, et donc la flexibilité de

l’institution ou le soutien implicite de celle-ci au marché, le président de la FED permet

au principaux indices actions mondiaux d’enregistrer un peu plus de 5% de hausse en 4

jours !


Les avertissements sur résultats de LG et de Samsung cette semaine (autrement plus

sérieux que ceux d’Apple) tout à coup n’ont plus de prise sur le marché.

Les statistiques désespérantes allemandes (hier, c’était la production industrielle qui s’est effondrée de 1.9% sur novembre là où le consensus attendait une croissance de 0.3%) n’émeuvent désormais plus personne et se transforment en autant d’arguments de soutien pour une politique monétaire européenne accommodante. Alors même que la normalisation relative de cette dernière débute à peine, et que les propos de Mario

Draghi ne semblent plus porter que sur un combat d’arrière-garde (atteindre un objectif

d’inflation totalement improbable, encore moins maintenant avec le ralentissement

allemand) certains intervenants commencent déjà à anticiper une inflexion de cette

timide normalisation !!


Signe également de l’optimiste actuel, le marché se convainc d’une issu très positive (qui

sera scellé lors du Forum de Davos en fin de mois) concernant les négociations commerciales entre la chine et les Etats-Unis, et finalement alors qu’il y a encore 5 jours

les stratèges recommandaient de vendre sur rebond, ils indiquent désormais qu’il est

temps de s’intéresser à des valorisations attractives (qui étrangement ne l’étaient pas

avant le rebond de 5%...)


L’allocution de Jerome Powell du 4 janvier aura donc permis au marché de reprendre

beaucoup de hauteur. Cela aura aussi eu comme conséquence un affaiblissement

important du dollar, et, dans une logique parfaitement inverse à celle qui a prévalu en

2018, une hausse des émergents. A titre d’illustration, sur la période, l’ETF Msci Emerging Market est en hausse de 5.20% quand le dollar index accuse un repli de 1.3%.


Cette baisse du dollar, devient de plus en plus consensuel à mesure que les stratèges

revoient désormais à la baisse le nombre de hausse des taux de la part de la FED pour 2019. Pour rappel, en novembre Goldman Sachs prévoyait encore 4 hausses des taux pour cette année ! Désormais elle pense que le pic sur les taux américains à déjà eu lieu!


Concernant les obligations d’entreprise, la situation reste par contre toujours assez

tendue avec des écarts de taux toujours importants. Particulièrement sur les financières. Le marché attend des précisions sur le refinancement des 750 milliards de TLTROs (qui arrive à échéance en 2021) et l’éventualité d’un autre plan. Les opérateurs n’avaient rien eu lors de la dernière réunion de l’année de la BCE. La prochaine réunion le 24 janvier apportera peut-être des éclaircissements, nécessaire pour un rattrapage du segment financier.


La chine, qui avait inquiétait le 31/12 avec un PMI manufacturier sous les attentes mais

surtout en contraction, prend des nouvelles mesures, (impérative pour la paix sociale)

mais qui vont à l’encontre de son désendettement (pourtant tout aussi impératif). La

Banque centrale chinoise à ainsi annoncé que le taux de réserves obligatoires des banques allait être baissé d’un point (0.5 le 15 janvier et 0.5 le 25 janvier). L’idée étant de

dynamiser le marché des crédits principalement auprès du secteur privé et donc la

croissance. La banque centrale indique que cette opération permettra de dégager une

capacité de crédit supplémentaire d’un peu plus de 100 milliards d’euro.


Le ralentissement des ventes dans un contexte de ralentissement global et la pression sur les marges (découlant des hausses de salaires) devraient se traduire par une dégradation des bénéfices par action. Pour autant, la saison des résultats qui va débuter (non officiellement) le 16 janvier pourrait être un nouveau soutien à la hausse des marchés, simplement si les résultats sont ‘moins pires’ qu’anticipaient.


Bonne semaine,

Olivier Armangau




Les thèmes de la semaine



Bilan marché européen

Les marchés européens ont connu une très mauvaise performance en 2018. Bien que

jusqu’en juillet la situation n’était pas à plaindre, la deuxième partie de l’année en a été

autrement et le quatrième trimestre aura été fatal. En effet, l’Eurostoxx 50 connaît sa plus forte baisse annuelle depuis 2011 et avant cela remontait à 2008. Cependant si l’on prend la performance du quatrième trimestre uniquement, l’indice essuie sa plus forte baisse depuis 2008 sur ce trimestre et avant cela remontait à … 1987.


Le constat pour le Vstoxx (indicateur de la peur à l’européenne) est également marquant. Il connaît sa plus forte hausse annuelle depuis 2008 et sa plus forte hausse du quatrième trimestre depuis sa création! Ceci peut notamment s’expliquer par un niveau historiquement bas en fin 2017 mais cela démontre tout de même le niveau d’incertitude qu’ont atteint les marchés en fin d’année, période historiquement calme et positive comme on le mentionnait fin novembre.


Toutefois le niveau moyen annuel est le second plus faible après 2017. Stress donc en

2018 mais très loin des niveaux de 2008 et 2011.


Pour cause les nombreuses incertitudes et craintes sur l’économie mondiale qui se sont

intensifiées ou apparu au cours de cette deuxième partie de 2018 : le Brexit, les tensions commerciales sino-américaines, le ralentissement économique de la Chine, celui de l’Allemagne, la montée de l’extrémisme en Europe, l’ampleur du mouvement populaire des « gilets jaunes » en France, l’inversement de la courbe des taux, la peur d’une récession et la division du gouvernement américain sur le sujet du « mur ».


Ces risques sont toujours d’actualité et peu de dossiers seront potentiellement

« bouclés » dans les prochaines semaines, ce qui plonge dans un certain flou les marchés concernant les perspectives pour 2019. Les estimations des analystes sont d’ailleurs très représentatives de cette incertitude, entre Morgan Stanley qui estime la clôture du S&P500 à 2 750 (+9.7%) et Crédit Suisse qu’il l’estime à 3 350 (+33.6%), il y a un écart de 23.9 points de croissance sur l’année.


Marchés européens

Les marchés rebondissent, après cette chute de fin décembre, propulsé notamment par

les rumeurs et espoirs de l’apaisement des tensions commerciales et des propos rassurant de Jerome Powell. Sur la semaine l’Eurostoxx 50 regagne 2.73%, et la meilleure

performance revient au marché italien avec +4.67%.



Brexit

Maintenant que les vacances parlementaires sont terminées, Theresa reprend sa

campagne pour faire passer son accord sur le Brexit. Le débat à la chambre des communes reprend aujourd’hui et la première ministre, qui avait reporté le vote prévu au 10 décembre, dispose d’une dernière chance pour convaincre les députés de soutenir son accord.


Le vote aura officiellement lieu mardi prochain, le 15 janvier. Laissant peu de temps pour préparer le passage de l’accord mais nécessaire pour une sortie prévue dans maintenant moins de 3 mois. Certaines sources indiqueraient que Londres tenterait d’obtenir un report de la date de sortie du Royaume-Uni mais Theresa May affirme que le Royaume-Uni quittera l'Union européenne le 29 mars prochain et qu'aucun report ne sera demandé.


Les scénarios possibles désormais seraient le rejet de l’accord (estimé comme le plus

probable à ce jour) qui causerait un « hard Brexit » ou bien le passage de l’accord. La

possibilité d’un second référendum n’est toujours pas à exclure également.



Tension commerciales sino-américain

Les discussions ont repris lundi et mardi entre la Chine et les États-Unis et se sont

prolongées jusqu'à aujourd'hui. Ces rencontres sont les premières discussions en face à

face entre les deux partis depuis que Xi Jinping et Donald Trump s'étaient accordés sur la trêve au début décembre.


Pour le moment, la presse chinoise indique que les deux partis sont en négociations

sérieuses et le président Trump déclare que les discussions avec la Chine se déroule bien, mais aucun détail sur celles-ci n'a été communiqué.


Par ailleurs, le gouvernement chinois a approuvé hier cinq cultures génétiquement

modifiées pour l'importation. Une mesure perçue comme un geste de bonne volonté qui pourrait stimuler les importations de graines et atténuer la pression exercée par les États-Unis pour ouvrir leur marché à davantage de produits agricoles.



Affaire Huawei

C'est le Canada qui fait les frais de l'arrestation de Meng Wanzhou, CFO de Huawei.

Ottawa avait agi sur une requête d'extradition de la part des États-Unis. Washington tente toujours de faire extrader la dirigeante, mais elle reste toujours détenue à Vancouver. Depuis le 1er décembre, date de l'arrestation, 13 canadiens ont été arrêtés en Chine (dont au moins 8 libérés) afin de faire pression sur le gouvernement de Monsieur Trudeau.


D'ailleurs la situation se complique pour Meng Wanzhou avec de nouveaux documents

qui lieraient Huawei avec des sociétés façades en Iran et en Syrie.


Malgré la prétendue relâche des tensions sino-américaines, cette affaire reste tout de

même délicate car elle confronte les deux partis en question. Notamment avec Donald

Trump qui s'était dit « prêt à intervenir » si cela lui permettait de passer un accord avec

la Chine.



Shutdown américain

Depuis 19 jours maintenant le gouvernement américain est en shutdown partiel à cause

du désaccord entre le président Donald Trump et le Congrès au sujet de la sécurité de la

frontière avec le Mexique. Donald Trump a fait un semblant de concession en se disant

prêt à construire une « barrière » plutôt que son « mur » initialement vendu lors de sa

campagne. Toutefois, il réclame toujours 5.7 milliards de dollars pour la construction de

cette dernière. Montant auquel le Congrès s'oppose fermement, argumentant qu'il existe des manières plus efficaces et moins coûteuses pour assurer la sécurité nationale et frontalière.


Face à cette impasse le président Trump s'est adressé à la nation hier soir pour tenter de rallier les Américains à son projet de mur, décrivant la situation comme « une crise

humanitaire ». Au cours de cette allocution le président a mis en garde la nation contre

les immigrants en jouant sur la peur et n'a présenté aucun signe de concession ou de

nouvelles propositions pouvant débloquer la situation. Trump n'a pourtant pas déclaré

(pour le moment) l'état d'urgence comme certains l'attendaient, ce qui lui aurait permis

de passer son projet sans l'approbation du congrès.


Les deux partis se rencontrent aujourd'hui, mais peu d'espoir sur l’atteinte d'un accord.




Aymeric Graindorge




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Ce rapport est publié par La Financière Constance Inc. (LFC) le 9 janvier 2019 et s'adresse principalement aux investisseurs institutionnels. Il est fourni à titre de source générale d'information et ne doit pas être considéré comme un conseil en placement, une prévision ou une recherche, et ne constitue pas une recommandation, une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente de titres dans un territoire quelconque ou d'adoption d'une stratégie de placement. L'information contenue dans ce rapport provient de sources jugées fiables ; cependant, l'exactitude et/ou l'exhaustivité de l'information n'est pas garantie par LFC, et LFC n'assume aucune responsabilité ou obligation de quelque nature que ce soit. Toutes les opinions exprimées sont sujettes à changement sans préavis. Les stratégies et véhicules d'investissement de LFC peuvent actuellement détenir des positions longues et/ou courtes sur les titres et dérivés mentionnés dans ce rapport. Le rendement passé n'est pas indicatif du rendement futur. Le présent rapport peut contenir des "informations prospectives" qui ne sont pas de nature purement historique. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement futur et comportent des risques et des incertitudes inhérents aux facteurs économiques généraux. Rien ne garantit que les énoncés prospectifs se réaliseront. Nous vous mettons en garde de ne pas vous fier indûment à ces énoncés, car un certain nombre de facteurs importants pourraient faire en sorte que les événements ou les résultats réels diffèrent sensiblement de ceux qui sont exprimés ou sous-entendus dans tout énoncé prospectif formulé. Ce rapport ne peut être reproduit, distribué ou publié sans le consentement écrit de LFC.

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