Les statistiques de Noël




Les statistiques de Noël


Depuis la création de l’indice eurostoxx50 il y a près de 27 ans, le mois de décembre est celui ou la performance médiane est la plus élevée (2.48%) ou la performance moyenne est la 2nd plus élevée (2.21% contre 2.26% pour avril) mais aussi où le nombre de performance positive est le 2nd plus élevé...après octobre. 73% des mois de décembre ont été positifs sur les 27 dernières années contre 75% pour les mois d’octobre. De façon plutôt logique à la vue de ce qui précède, c’est en décembre que la volatilité implicite médiane baisse le plus fortement et que sa marque est également la plus faible de l’année. A noter cependant que la volatilité réalisée compte parmi les plus élevée de l’année en décembre. Cela s’explique simplement par des hausses de marché généralement importantes sur le mois, et donc cette plus grande dispersion se traduit par une hausse de la volatilité réalisée. Pour en finir avec les statistiques, sur les 12 dernières années, la performance moyenne du 28 novembre à la fin d’année est positive de 2.30% (seules les années 2014 et 2015 ont enregistrées une fin d’année négative). Lorsque l’année est négative au 28 novembre (comme en ce moment) la performance moyenne est alors positive de 1.42%. Et enfin quand la performance annuelle est positive au 28 novembre, elle l’est encore plus en fin d’année avec une hausse moyenne de 4.09%. Bref, le rallye de Noel n’est pas un mythe. Après le faux départ d’il y a 3 semaines, et vu l’état de déprime du marché, la moindre bonne nouvelle se traduira certainement par un rallye de soulagement. Et cela semble se confirmer aujourd’hui, ou il aura simplement fallu que Jerome Powell lors d’une intervention à l’Economic Club of New York, confirme les propos de son viceprésident de la veille, à savoir que les taux sont désormais proche de leur niveau d’équilibre, pour que le marché américain s’adjuge une hausse de plus de 1.50%. Monsieur Trump appréciera lui qui vilipendait encore hier la politique de la FED en matière de hausse des taux. L’inflation n’est désormais plus une préoccupation (encore moins avec l’effondrement du pétrole) et les données économiques vont dans le sens d’un ralentissement suffisamment important pour que la FED assouplisse ainsi son action et son discours. https://www.federalreserve.gov/newsevents/speech/powell20181128a.htm Si économiquement ce n’est pas une bonne nouvelle c’en est évidement une excellente pour le marché, qui avait commencé à baisser lors des précédents propos de monsieur Powell qui jugeait alors que les taux de référence étaient loin de leur niveau neutre. En Europe la BCE fait bien entendu les mêmes constats économiques (en pire !) mais à la différence de la FED elle n’a rien dans sa boite à outils. Alors qu’elle s’apprête à arrêter son programme d’assouplissement quantitatif, les statistiques vont de mal en pis ! (Cette semaine l’indice IFO allemand a confirmé les mauvaises tendances économiques allemande observées les semaines précédentes) Dans un tel contexte, difficile d’envisager, comme le consensus l’anticipait il y a peu, une première hausse des taux en Europe durant l’été 2019. Même si depuis début novembre les écarts de taux ont fortement remonter, et la purge obligataire s’est accélérée, il faut peut-être désormais considérer que c’est un point d’entrée intéressant. Les taux resteront très vraisemblablement à des niveaux dramatiquement bas, pour une période dramatiquement longue. Ce qui ne manquera pas d’ailleurs de peser sur les bancaires (très présentes sur l’indice Eurostoxx50) et donc bridera l’indice européen. Ce fameux rallye de Noel, ou plutôt rallye de soulagement, pourra être alimenté également, par le vote du parlement anglais sur l’accord concernant le Brexit, par la réunion de la BCE, ou par celle de FED, mais aussi par des propos italiens sur le budget démontrant une recherche de compromis. Mais l’échéance qui focalise l’attention des intervenants est la rencontre entre le président Trump et le président Xi en marge du G20 à partir de vendredi. Dans sa posture habituelle et jusqu’au-boutiste le président américain a logiquement commençé par des menaces d’impositions supplémentaires, puis par la voie de son conseiller économique, Monsieur Kudlow, hier soir, une légère inflexion de sa position s’est faite sentir. Ainsi, ce dernier a indiqué que le diner de samedi soir pourrait être le moment idéal pour que le président Trump et son homologue chinois s’accordent, précisant également que le président américain était ouvert à un compromis et que dans son esprit il y a de bonne possibilité pour qu’un accord soit trouvé. Bien sûr la responsabilité d’un éventuel échec des discussions entre les 2 pays est déjà mise sur le président chinois, histoire de mettre un peu de pression : ‘Le président Xi à l’opportunité de changer le ton et la substance des discussions’ indiquait hier soir monsieur Kudlow… Si la pression n’est pas la meilleure des stratégies pour négocier avec les chinois, il y a par contre un sujet sur lequel ils seront certainement enclin à la discussion : Dans le cadre du plan stratégique ‘Made in China 2025’ la volonté du pouvoir chinois est celle d’une montée en gamme des productions chinoises. A ce jour il semble que le pays accuse un certain retard sur les objectifs initiaux. Les transferts de technologie sont un moyen rapide, efficace et sans investissement (!) pour monter en gamme. Le moyen-courrier C919 de la société chinoise Comac est l’exemple le plus emblématique de la montée en gamme chinoise suite à des transferts de technologie (initié par Airbus progressivement à partir de 2005). Ces transferts de technologie sont également un passage obligé pour tout industriel qui souhaite se développer en Chine. Mais dans le contexte de guerre économique, les partenaires sont forcément plus réticents. Or c’est le moyen le plus efficace pour une montée en gamme chinoise. C’est peut-être là que se trouve la clé d’une négociation réussie (et d’un rebond des marchés)



Olivier Armangau




Les thèmes de la semaine


Marchés européens

Une semaine sans réelle tendance sur les marchés européens dans le sillage d’une fin de semaine dernière calme avec l’action de grâce aux États-Unis. Les investisseurs ont toutefois fortement réagi sur le marché italien à la suite de rumeurs positives suggérant une amélioration de la situation conflictuelle avec Bruxelles. L’Eurostoxx 50 gagne 75 pdb au cours de cette période et l’indicateur de volatilité, le VStoxx, reste aux alentours de 18.5. Le VStoxx qui n’est d’ailleurs pas repassé sous la barre 15 depuis le 3 octobre.

Le Brexit se prépare pour Westminster

Bon week-end pour le Brexit du côté des 27. Tout d'abord, Madrid, Londres et Bruxelles se sont entendues samedi à propos d’un « accord sur Gibraltar ». Madrid a obtenu des garanties écrites de la part de l'Union européenne (UE) qu'elle disposerait d'un droit de veto sur tout futur accord entre l'UE et le Royaume-Uni concernant Gibraltar. Permettant de calmer temporairement la problématique. Puis, lors du sommet exceptionnel du 25 novembre, les 27 dirigeants de l'Union Européenne ont donné leur consentement sur le projet d'accord de retrait du Brexit.

Cependant, du côté du Royaume-Uni la situation est loin d'être réglée. Plus de la majorité des membres du parlement sont, pour le moment, contre le Brexit de Theresa May. Cette dernière s'est fixée deux semaines pour convaincre ces membres. Le vote se déroulera le 11 décembre prochain et sera précédé de cinq jours de débat au parlement ainsi que, potentiellement, un débat télévisé contre le leader de l'opposition, Jeremy Corbyn.

Enfin, la Banque d'Angleterre a dévoilé ses prévisions sur l'impact économique d'un Brexit sans accords. Celles-ci dépeignent une image très sombre d'un Brexit dur, signalant que cela pourrait déclencher une récession brutale – le pire effondrement économique depuis la seconde guerre mondiale. Ce scénario d'un Brexit « désordonné » estime entre autres une baisse de 8% du PIB, baisse des prix des maisons de 30%, augmentation du taux de chômage à 7.5%, accélération de l'inflation à 6.5% ou encore le début d'une vague d'émigration. Des prévisions qui parlent en faveur de la première ministre.


Détente entre Rome et Bruxelles

Après une telle fermeté au cours des derniers mois de la part du gouvernement italien concernant son budget, il ne fallait pas moins qu'une simple volonté de compromis de la part des dirigeants de la coalition pour rassurer les investisseurs.

En effet, au cours d'une rencontre ce week-end avec la commission européenne, l’Italie a déclaré qu'ils étaient prêts à réduire le niveau de déficit budgétaire pour 2019 de 2.4% à 2.2%. Ce premier pas de l'Italie a été très bien perçu par les investisseurs qui signalent le début d’un compromis. Lors de la séance de lundi l'indice boursier italien, le FTSE MIB, a gagné 2.77% et le 10-ans italien est passé de 3.415 à l'ouverture, à 3.265 à la fermeture.

Ceci étant dit, cette diminution du déficit ne résout en rien les inquiétudes majeures de ce budget prévisionnel. Le gouvernement italien a d'ailleurs réaffirmé qu'il ne changerait pas son programme de dépenses élevées qui a pour but de relancer l'économie. Programme qui se base sur des prévisions de croissances trop élevées et qui mènerait un déficit budgétaire plus élevé que prévu, selon la commission européenne et le FMI.


G20

Quelques jours avant l'arrivée des dirigeants à Buenos Aires, Trump renouvelle ses menaces d'augmenter le taux d'imposition sur les importations chinoises de 10% à 25%, ainsi que d'imposer le reste des importations qui ne sont pas encore soumises à des droits de douanes. Malgré cela, nombreux sont les investisseurs qui attendent un apaisement des tensions sino-américaines à l'issue d'une rencontre entre Trump et Xi Jinping en marge du sommet.

De plus, le président américain, remonté par la suppression de milliers d’emplois par General Motors, menace d’imposer des droits de douanes allant jusqu’à 25% sur toutes les importations de voitures – excepté du Canada et du Mexique – et ce dès la semaine prochaine. Les constructeurs européens ont reculé fortement après cette nouvelle. Volkswagen a chuté en clôture de 4.01%, Daimler de 2.41% ou encore BMW de 1.34.

Outre les tensions commerciales que Trump ne cesse d’alimenter, les discussions sur le réchauffement climatique seront d'actualité lors de ce sommet. Sujet sur lequel le président américain, climatosceptique affirmé, risque de s'opposer une nouvelle fois.

Peu de changements et aucune action d'envergure sont donc attendus lors de ce sommet face aux tensions politiques internationales - si ce n'est une baisse de pression entre Beijing et Washington.



Aymeric Graindorge




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Ce rapport est publié par La Financière Constance Inc. (LFC) le 28 novembre 2018 et s'adresse principalement aux investisseurs institutionnels. Il est fourni à titre de source générale d'information et ne doit pas être considéré comme un conseil en placement, une prévision ou une recherche, et ne constitue pas une recommandation, une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente de titres dans un territoire quelconque ou d'adoption d'une stratégie de placement. L'information contenue dans ce rapport provient de sources jugées fiables ; cependant, l'exactitude et/ou l'exhaustivité de l'information n'est pas garantie par LFC, et LFC n'assume aucune responsabilité ou obligation de quelque nature que ce soit. Toutes les opinions exprimées sont sujettes à changement sans préavis. Les stratégies et véhicules d'investissement de LFC peuvent actuellement détenir des positions longues et/ou courtes sur les titres et dérivés mentionnés dans ce rapport. Le rendement passé n'est pas indicatif du rendement futur. Le présent rapport peut contenir des "informations prospectives" qui ne sont pas de nature purement historique. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement futur et comportent des risques et des incertitudes inhérents aux facteurs économiques généraux. Rien ne garantit que les énoncés prospectifs se réaliseront. Nous vous mettons en garde de ne pas vous fier indûment à ces énoncés, car un certain nombre de facteurs importants pourraient faire en sorte que les événements ou les résultats réels diffèrent sensiblement de ceux qui sont exprimés ou sous-entendus dans tout énoncé prospectif formulé. Ce rapport ne peut être reproduit, distribué ou publié sans le consentement écrit de LFC.

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