Le sauvetage en ‘dernier ressort’




Le sauvetage en ‘dernier ressort’


La courbe des taux, (2 ans / 10 ans) continue de s’aplatir et s’approche de l’inversion (5 ans / 30 ans). Pour certains c’est un indicateur avancé récessif, et pour d’autres cela n’a guère de pertinence dans un environnement de taux travestis par les banques centrales. Si, certes les taux longs accélèrent à la hausse, les taux courts réagissent de plus en plus nerveusement aux publications d’inflation et autres indicateurs économiques. De même, les perspectives de croissance de long terme sont moins élevées alors que le discours de la FED sur sa normalisation monétaire se traduit par une hausse des probabilités de 4 hausses de taux sur l’année. La hausse des prix du pétrole (consécutive aux tensions au Moyen-Orient et aux problèmes de production vénézuélien) a également un impact. Si elle devait se poursuivre, l’impact serait d’abord inflationniste puis négatif sur la croissance avant de redevenir neutre (consécutivement à un ajustement du marché sur le nouvel environnement). Taux 10 ans et 2 ans américain (orange et fuchsia) / écart de taux (bleu échelle de gauche) Les taux hypothécaires à 30 ans américains, de même que les taux d’intérêts moyens des cartes de crédit traduisent de manière concrète la hausse des taux que les ménages américains appréhendent de manière ‘abstraite’. Ils n’ont pour le moment aucune conséquence sur le rythme de consommation, ni sur le marché immobilier. Taux d’intérêt moyen sur les cartes de crédit En Italie, les choses sérieuses vont enfin pouvoir commencer. Bien entendu, le marché n’y accorde qu’une importance relative, pour ne pas dire aucune importance du tout, habitué qu’il est depuis la crise financière de 2008 à avoir un soutien sans faille et sans limite des banques centrales. Celles-ci se sont d’ailleurs particulièrement bien adaptées à ce nouveau rôle : Dès qu’il y a un thème potentiellement anxiogène pour le marché, un gouverneur/membre ou un chef économiste d’une banque centrale fait une annonce pour rassurer et/ou préparer le marché. Cette capacité qu’elles ont de rassurer, voir d’immuniser le marché contre tout choc est certes discutable sur le plan moral, mais clairement très appréciable pour les opérateurs. Donc, en Italie, nous sommes normalement à quelques heures de la désignation du futur premier ministre et de la composition d’un gouvernement de coalition entre les 2 partis europhobes, le Mouvement 5 Etoiles et la Ligue. Si comme toujours, les actions politiques sont largement plus modérées que les propos de campagne, on peut quand même s’interroger sur le ‘contrat de gouvernement’ entre les deux partis que vient de publier le Huffingtonpost italien (lien en fin de document). Dans ce document, entre autres, les 2 partis y parlent, de la sortie de l’euro et la volonté de demander à la BCE d’annuler 250 milliards d’euro de dettes ! Les 2 partis ont publié un communiqué hier suite à cette ‘fuite’ sous-entendant que la sortie de l’euro ne serait plus dans ce document de travail. Mais ce qu’il faut en retenir, même si aucun de ces engagements ne semblent réalisables, c’est l’incapacité totale de son futur gouvernement d’agir de façon responsable. Le marché italien qui était en sur performance notable contre le SX5E affiche un recul de 2.60% sur la journée et s’inscrit désormais en sous performance, sans contagion donc sur le reste de l’Europe. Les taux 10 ans italiens réagissent par contre beaucoup plus fortement. Exactement comme la semaine passée les devises émergentes continuent de souffrir du dollar élevé. L’indice MSCI des devise émergentes perd ainsi près de 3% sur ses plus hauts d’avril (cf graph ci-après). Là encore, la transmission de cet effet devise sur les taux obligataires émergents et sur les marchés actions émergents, est relativement modérée. Car là encore, les opérateurs continuent d’avoir une confiance absolue dans la capacité de sauvetage en ‘dernier ressort’ des régulateurs et autres banquiers centraux.


Olivier Armangau




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Ce rapport est publié par La Financière Constance Inc. (LFC) le 16 mai 2018 et s'adresse principalement aux investisseurs institutionnels. Il est fourni à titre de source générale d'information et ne doit pas être considéré comme un conseil en placement, une prévision ou une recherche, et ne constitue pas une recommandation, une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente de titres dans un territoire quelconque ou d'adoption d'une stratégie de placement. L'information contenue dans ce rapport provient de sources jugées fiables ; cependant, l'exactitude et/ou l'exhaustivité de l'information n'est pas garantie par LFC, et LFC n'assume aucune responsabilité ou obligation de quelque nature que ce soit. Toutes les opinions exprimées sont sujettes à changement sans préavis. Les stratégies et véhicules d'investissement de LFC peuvent actuellement détenir des positions longues et/ou courtes sur les titres et dérivés mentionnés dans ce rapport. Le rendement passé n'est pas indicatif du rendement futur. Le présent rapport peut contenir des "informations prospectives" qui ne sont pas de nature purement historique. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement futur et comportent des risques et des incertitudes inhérents aux facteurs économiques généraux. Rien ne garantit que les énoncés prospectifs se réaliseront. Nous vous mettons en garde de ne pas vous fier indûment à ces énoncés, car un certain nombre de facteurs importants pourraient faire en sorte que les événements ou les résultats réels diffèrent sensiblement de ceux qui sont exprimés ou sous-entendus dans tout énoncé prospectif formulé. Ce rapport ne peut être reproduit, distribué ou publié sans le consentement écrit de LFC.

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