La magie continue d’opérer




La magie continue d’opérer


Les chiffres de l’emploi de vendredi (et la révision à la baisse des chiffres du mois précédent) ont permis au marché, comme à son habitude de s’apprécier fortement. Certains observateurs s’attendent désormais à une baisse des taux dès le mois de juin, voire à 50 points de base dès juillet. Cette dynamique pernicieuse (plus les nouvelles sont mauvaises et plus le marché monte soutenu qu’il est par les propos des banques centrales et autres anticipations de baisse des taux) devrait cependant poser quelques questions.


Si la dette privée des pays de l’OCDE a reculé depuis la croise de 2009, l’endettement des États quant à lui énormément progressé. La dette des entreprises est quant à elle deux fois plus élevée qu’avant la crise (rapport de l’OCDE). Au final, comme le rappelait le FMI en avril, l’économie mondiale est désormais plus endettée qu’au début de la crise de 2008. Les dettes publiques ont était favorisées par les politiques monétaires accommodantes tirant les taux vers le bas, et les politiques de relances budgétaires ont permis aux économies de se reprendre. Mais comme le déplore Mario Draghi à chaque réunion de la BCE, ou presque, les États n’ont pas profité des taux bas pour mener des reformes structurelles. Même rhétorique de la part du FMI. En vain !


Compte tenu de cet endettement, il est évident qu’une hausse des taux serait problématique (l’un des gouverneurs de la FED rappelait il y a peu qu’une hausse des taux était tout simplement impossible vu la dépendance des agents économique a l’endettement ! en plein dans l’aléa moral) mais est-ce qu’une nouvelle baisse des taux produirait les mêmes effets que précédemment?


Depuis que le consensus table sur une baisse des taux prochaine aux États Unis, nous voyons apparaitre de nombreuses notes sur l’impact sur le marché. En gros dans l’année qui suit le marché s’apprécie fortement, car les baisses des taux interviennent avant que le ralentissement ne se matérialise (démontrant pour certains la capacité de la FED à prévenir les ralentissements). Mais est-il vraiment pertinent de se baser sur les comportements passés, alors que les taux d’intérêts sont déjà à des niveaux bas, que le taux de chômage est à des plus bas historiques, que les salaires sont orientés à la hausse et La FED ne devra-t-elle pas envoyer un message beaucoup plus fort que d’habitude et recourir à des outils non conventionnel pour que les conséquences sur la croissance soient aussi forte que par le passé? Est-ce que le PUT de la FED auquel s’est très agréablement habitué le marché depuis 10 ans, n’est pas un élément de nature à générer de la frustration ou des attentes extrêmes de la part du marché. Autrement dit, n’y a-t-il pas un risque d’asymétrie (déception sur les annonces) important à l’approche de la prochaine réunion de la FED? Est-ce que la FED sera confortable pour baisser si vite ses taux ou attendra-t-elle que la pression baissière revienne ?


Quoiqu’il en soit, le sentiment de marché est de nouveau à l’euphorie avec une progression de près de 4% en quelques jours sur les principales places boursières. L’issu favorable de la pression du président Trump sur le Mexique, les nouvelles discussions ‘constructives’ entre la Chine et les États-Unis relayées dans la presse, le nouveau stimulus mis en place par la Chine (qui peut d’ailleurs aussi démontrer que le pays se prépare à ne pas avoir d’accord avec les États-Unis, tout comme d’ailleurs Apple qui indiquait pouvoir produire ses iPhone en dehors de la Chine) et bien sur la certitude de la baisse des taux par la FED sont autant de soutien.


Pour certains observateurs, le président américain attendrait que la FED baisse ses taux pour sortir de chapeau des accords commerciaux et mettre un terme à son attitude belliqueuse, permettant alors à l’économie et au marché de fortement rebondir pour pouvoir présenter un bilan très flatteur pour les élections.


Si la guerre commerciale est l’argument massue pour justifier des poses dans les pseudos normalisations monétaires, elle pourrait aussi être à l’origine de bouleversement dans la gestion de la production. La menace des tarifs douaniers généralisés devenant un frein à la globalisation (qui a permis le développement des pays frontières et émergents) certains industriels pourraient reconsidérer leur outils de production (au plus grand bonheur du président américains) plus localement plutôt que mondialement. L’argument environnemental est également non négligeable dans cette réflexion (avec une réduction de l’empreinte carbone). Nous pourrions assister à une sorte de ré industrialisation de certains pays comme la France avec l’impact positifs inhérent sur les taux de chômage, les finances publiques et surtout sur l’émergence d’une vraie classe moyenne, avec l’impact positif social que cela engendrerait.


Bonne semaine,

Olivier Armangau




Les thèmes de la semaine

Les marchés européens

Les marchés continuent leur hausse depuis début juin grâce notamment à un apaisement entre les deux partenaires commerciaux américain et mexicains.

L’Eurostoxx 50 prend 1.44% sur la période et la volatilité continue également sa descente et perd 7.19%.


Guerres commerciales, États-Unis vs …

Les fronts commerciaux américains qui étaient discutés dans ce point mercredi dernier ont encore été à l'honneur cette semaine. Malgré les nuances qui peuvent être apportées aux menaces et aux stratégies de négociation de Donald Trump, les marchés réagissent énormément aux moindres des nouvelles en ce moment.


… Chine

Donald Trump espère toujours une rencontre avec le dirigeant chinois Xi Jinping lors du sommet du G20 en fin juin. Cependant, du côté chinois aucune annonce n'a encore été faite sur ce sujet poussant le dirigeant américain a déclaré qu'il pourrait augmenter les tarifs sur 300 milliards de dollars. Décision qu'il devrait prendre dans les deux semaines qui suivront le G20. De plus, ce dernier a déclaré ce mardi qu'un accord avec la Chine se fera, grâce aux droits douanes, car « la Chine est absolument décimée par les entreprises qui quittent le pays ».


À Pékin, un porte-parole du ministère a déclaré en réponse à ces dernières menaces que « si les États-Unis décident délibérément d'exacerber les tensions, nous nous battrons jusqu'au bout ». Démontrant ainsi la défiance du gouvernement chinois.

Une divergence importante sur l'évolution des relations se fait ainsi ressentir.


Les marchés espèrent donc qu'une rencontre se tiendra et qu'elle sera productive entre Donald Trump et Xi Jinping lors du G20, qui se tiendra le 28 et 29 juin. Car à ce stade cela semble être la seule option pour sortir de l'impasse actuelle des négociations.

… Mexique

Sur le front mexicain, nous avons pu assister à une belle démonstration des techniques de négociations à la Trump. Alors que ce dernier se montrait intraitable sur l'imposition de droits de douanes, cette menace a incité le Mexique à répondre rapidement afin de trouver un accord et d'éviter ces tarifs... pour le moment.


Le Mexique a donc négocié un délai de 45 jours pour montrer que ses propres mesures visant à contenir le flux des migrants seraient efficaces. Dans le cas contraire, les deux parties ont convenu d'un délai supplémentaire de 45 jours pour discuter d'un accord bilatéral ou régional sur le retour des migrants, a déclaré le ministre des affaires étrangères mexicain M. Ebrard.


Cependant, le président américain a mentionné d'autres points qui n'étaient pas indiquaient dans la déclaration conjointe de l'accord et qui ont été niés par le gouvernement mexicain. Le président Trump, pour faire preuve de sa bonne foi, a agité mardi un morceau de papier qui, selon lui, faisait partie d'un " très long et très bon " accord secret avec le Mexique. Refusant de le décrire mais jurant qu'il entrera en vigueur quand il le voudra.


Mise à part ces belles paroles aucunes informations supplémentaires n’ont été divulguées sur l’étendue potentielle de l’accord avec le Mexique.


Pression sur la Fed

Un peu plus d'une semaine avant la prochaine réunion de la BCE, Donald Trump remet la pression sur la Fed. Lors d'une interview télévisée, le président a de nouveau critiqué les décisions de la Fed concernant le relèvement de taux et le resserrement monétaire.


De plus, il a comparé la situation à celle de la Chine. « N'oubliez pas qu'en Chine, le patron de la Fed, c'est le président Xi, le président chinois », « en tant que patron de la Fed, il peut faire ce qu'il veut », a insisté Donald Trump. Insinuant que Xi Jinping avait dévalué sa monnaie pour combler les tarifs américains alors même qu'un récent rapport du Trésor américain affirmait que la Chine n'avait pas manipulé sa devise ces six derniers mois.


BCE

La conférence de Mario Draghi à l'issue de la réunion de la BCE jeudi dernier aura été, comme à l’habitude, accommodante mais un peu moins qu'attendu.


La BCE a annoncé, evidement, qu'elle conserverait ses taux inchangés. En revanche, la hausse est encore une fois reportée à l'horizon mi-2020 au moins (entretenant ainsi l’illusion d’une volonté de normalisation) . La banque centrale a également détaillé les conditions des TLTRO III qui seront 10 points de base de plus que le taux moyen de 0,1%.


Concernant la situation économique la Banque Centrale a revu à la hausse la croissance en zone euro pour cette année à 1.2% contre 1.1% précédemment. Et elle a revu à la baisse à 1.4% celles de 2020 et 2021 contre 1.6% et 1.5% précédemment. L'inflation est également revue à la hausse pour cette année à 1.3% contre 1.2%. Enfin, Mario Draghi a déclaré qu'il n'y avait « pas de probabilité de déflation, il y a une probabilité très faible de récession ».


Aymeric Graindorge




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Ce rapport est publié par La Financière Constance Inc. (LFC) le 12 juin 2019 et s'adresse principalement aux investisseurs institutionnels. Il est fourni à titre de source générale d'information et ne doit pas être considéré comme un conseil en placement, une prévision ou une recherche, et ne constitue pas une recommandation, une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente de titres dans un territoire quelconque ou d'adoption d'une stratégie de placement. L'information contenue dans ce rapport provient de sources jugées fiables ; cependant, l'exactitude et/ou l'exhaustivité de l'information n'est pas garantie par LFC, et LFC n'assume aucune responsabilité ou obligation de quelque nature que ce soit. Toutes les opinions exprimées sont sujettes à changement sans préavis. Les stratégies et véhicules d'investissement de LFC peuvent actuellement détenir des positions longues et/ou courtes sur les titres et dérivés mentionnés dans ce rapport. Le rendement passé n'est pas indicatif du rendement futur. Le présent rapport peut contenir des "informations prospectives" qui ne sont pas de nature purement historique. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement futur et comportent des risques et des incertitudes inhérents aux facteurs économiques généraux. Rien ne garantit que les énoncés prospectifs se réaliseront. Nous vous mettons en garde de ne pas vous fier indûment à ces énoncés, car un certain nombre de facteurs importants pourraient faire en sorte que les événements ou les résultats réels diffèrent sensiblement de ceux qui sont exprimés ou sous-entendus dans tout énoncé prospectif formulé. Ce rapport ne peut être reproduit, distribué ou publié sans le consentement écrit de LFC.

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