La BRI en veut davantage




La BRI en veut davantage


La BRI, la banque centrale des banques centrales, qui se félicite de la durabilité du cycle et de son caractère atypique, semble néanmoins perdre patience vis-à-vis des politiques monétaires ultra accommodantes des banques centrales. La BRI, regrette que ces dernières n’aient pas été complétées par des reformes structurelles, mais aussi qu’une des conséquences les plus néfastes soit un endettement massif. Cet environnement à des similitudes, toujours selon la BRI avec la situation d’avant crise. En d’autres termes les remèdes ont peut-être créé un environnement propice pour un retour de la maladie. La BRI conclut en relevant que les risques à moyen terme ont augmenté, mettant en avant, une nouvelle fois des valorisations de marché excessives, et ‘les signes d’une accumulation de déséquilibre financiers’. Le rapport économique annuel est disponible sur le site de la banque : https://www.bis.org/publ/arpdf/ar2018_ov_fr.pdf

Ce rapport, sorti le 24 juin, ne contribue guère à l’amélioration du sentiment, qui depuis désormais 2 semaines est nettement moins positif. Même si les thèmes actuels ne sont pas nouveaux, leurs interprétations diffèrent radicalement des semaines précédentes. Les tarifs douaniers et le pétrole sont les sujets centraux. La politique européenne quant à elle (Italie, Allemagne et question des réfugiés/migrants) semble être désormais reléguée au second plan. Quant à la situation au moyen orient, hormis les conséquences d’une limite d’offre de pétrole dont pourrait pâtir le marché mondial (suite aux menaces de l’administration Trump aux pays importateurs de pétrole iranien) et d’une léger stress sur Bahreïn (Arabie Saoudite, Émirats arabe unis et Koweït devraient annoncer un programme d’aide pour rétablir une situation budgétaire mise à mal depuis les ‘évènements’ de 2011 ), elle ne semble plus guère inquiéter les opérateurs, du moins d’un point de vue géopolitique. Représentative des inquiétudes sur les tarifs douaniers et le pétrole, la séance de ce mercredi fut une belle démonstration de cette versatilité du sentiment. Tout d’abord soulagé à l’idée que le président Trump n’invoquera pas le ‘international emergency economic power act’ pour limiter drastiquement les investissements chinois dans les secteurs jugés sensibles, le marché s’est retourné après la clôture européenne, emporté par les valeurs technologiques. Eurostoxx50 séance du mercredi 27 juin S&P 500 séance du mercredi 27 juin

Alors que la confiance des consommateurs américains (conférence board pour le mois de juin à 126.4 contre 128.8 en mai cf ci-dessous) reste sur des niveaux élevés, la confiance des investisseurs indique une situation légèrement moins optimiste. Ainsi nous assistons une nouvelle fois à une inversion des futures de volatilité, aussi bien sur l’Europe que sur les États-Unis. Également, les volatilités implicites augmentent sur la semaine de plus de 20% sur l’Europe et de plus de 40% aux États Unis. Cet environnement peu porteur pour les actifs risqués, se traduit comme à chaque épisode d’aversion au risque, pas une baisse du 10 ans américains et une hausse du dollar (cf les graphiques à la fin du billet), qui ne manquera pas de peser encore davantage sur la balance commerciale américaine…

En Chine également les opérateurs semblent particulièrement préoccupés par le thème protectionniste’, alors que son ministre du commerce a dit qu’il suivait toutes velléités américaines de vouloir restreindre les investissements chinois. Le Shanghai Stock Exchanges a déjà acté la ‘guerre’ commerciale entre les 2 plus grandes puissances. Il accuse désormais un repli de plus de 20% depuis janvier 2018.


L’intérêt porté à la lecture de ce billet durant la période estivale étant très certainement proportionnel à probabilité d’une tempête de neige en plein dessert, le billet du mercredi prend des vacances et sera de retour à la rentrée !

Je vous souhaite un bel été !


Olivier Armangau





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Ce rapport est publié par La Financière Constance Inc. (LFC) le 27 juin 2018 et s'adresse principalement aux investisseurs institutionnels. Il est fourni à titre de source générale d'information et ne doit pas être considéré comme un conseil en placement, une prévision ou une recherche, et ne constitue pas une recommandation, une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente de titres dans un territoire quelconque ou d'adoption d'une stratégie de placement. L'information contenue dans ce rapport provient de sources jugées fiables ; cependant, l'exactitude et/ou l'exhaustivité de l'information n'est pas garantie par LFC, et LFC n'assume aucune responsabilité ou obligation de quelque nature que ce soit. Toutes les opinions exprimées sont sujettes à changement sans préavis. Les stratégies et véhicules d'investissement de LFC peuvent actuellement détenir des positions longues et/ou courtes sur les titres et dérivés mentionnés dans ce rapport. Le rendement passé n'est pas indicatif du rendement futur. Le présent rapport peut contenir des "informations prospectives" qui ne sont pas de nature purement historique. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement futur et comportent des risques et des incertitudes inhérents aux facteurs économiques généraux. Rien ne garantit que les énoncés prospectifs se réaliseront. Nous vous mettons en garde de ne pas vous fier indûment à ces énoncés, car un certain nombre de facteurs importants pourraient faire en sorte que les événements ou les résultats réels diffèrent sensiblement de ceux qui sont exprimés ou sous-entendus dans tout énoncé prospectif formulé. Ce rapport ne peut être reproduit, distribué ou publié sans le consentement écrit de LFC.

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