L’ennui absolu



L’ennui absolu


Une nouvelle semaine parfaitement identique aux précédentes : Des gesticulations sur les relations sino-américaines (durcissement des sanctions contre Huawei), des échanges houleux entre démocrates et républicains sur le plan de soutien (qui évidement sera adopté provoquant un nouvel élan pour le marché qui sera alors ‘soulagé’, pathétique). Une petite dose de commentaires circonspects sur la vitesse de progression du marché, sur le décalage entre ‘main street’ et ‘wall street’, sur le parcours de l’or.

En revanche semaine de répit du côté des nouvelles, affligeantes, sur les vaccins.

A l’exception notable, de l’introduction en bourse de CureVac qui a pris 249% sur son premier jour de cotation (encore un candidat au vaccin donc).

Tesla a encore pris 30% en 4 jours suite à l’annonce de son split. Consternant.

Pauvre Jim Chanos, le plus célèbre vendeur à découvert (à la tête de Kynokps) qui est toujours short du titre depuis 5 ans.

Les pertes liées à la vente à découvert de Tesla se monte à environ 21 milliards de USD (pour l’ensemble des positions short et pas pour Jim Chanos). Comme VW en 2008 (le 28 octobre VW devenait la plus grosse capitalisation mondiale devant Exxon, à 370 milliards USD), les rachats de vente à découvert (au fur et à mesure que le titre monte) alimentent donc la hausse.

Les éléments techniques combinés au comportement quasi sectaire des afficionados de la marque et de leur gourou Elon, contribuent ainsi à une valorisation de plus en plus intrigante à mesure que la compétition crédible (c’est un doux euphémisme quand on compare les qualités de finition de l’américaine avec les allemandes) se met en place (Audi e tron, Mercedes EQ, Porshe Taycan).

Mais qu’importe. Le secteur technologique continue de voler de record en record, encore et toujours sur la même argumentation (valeur de croissance et valeur refuge).

Le pétrole quant à lui a pâti d’une nouvelle révision à la baisse de la demande par l’AIE. Cette dernière met en avant, évidement le ralentissement économique. Idem pour expliquer la baisse du USD.

Le ralentissement économique a donc un impact sur le pétrole et le USD (ah bon ?!), mais pas sur les marchés actions qui sont, aux États-Unis aux plus hauts historiques. (Obligeant donc encore une fois les brokers à ajuster leur objectifs de prix pour la fin d’année, c’est pratique et efficace)

Donc comme les semaines précédentes les inquiétudes et autres incertitudes économiques liées à la pandémie ne se manifestent pas de la même façon selon la classe d’actif…

En résumé, cette semaine ne fait pas exceptions aux précédentes. L’incertitude prêtée aux intervenants se traduit par un enthousiasme sans limite sur les marchés actions. Enthousiasme qui se retrouve dans le rapport des put/call du CBOE, qui est au plus bas sur 2 ans.

Malgré des projets fiscaux qualifiés de préjudiciables pour le climat des affaires et en dépit de l’avance confortable de Biden, les intervenants ne semblent pas du tout préoccupés par l’éventualité d’une victoire démocrate en novembre.

En des temps pas si éloignés où l’incertitude avait encore un prix nous aurions été sensibilisés à l’impact économique d’une politique fiscale moins conciliante, mais aujourd’hui ‘grâce’ à la covid, les opérateurs anticipent un statu quo fiscal à cause justement du ralentissement économique subi par les agents économiques.

Augmenter les impôts des entreprises et/ou des classes les plus aisés dans la période actuelle ne leur semblant pas être une option réaliste.

Alors que la convention démocrate (en mode virtuel) s’achèvera demain, et que la convention républicaine (en virtuel aussi) prendra place la semaine prochaine, la campagne électorale américaine, malgré une polarisation inédite aux Etats-Unis, ne suscite guère d’intérêt.

Encore une fois, à l’image de tout le reste depuis la pandémie, l’impression générale qui se dégage des marchés mais aussi de la société en général c’est un abandon total de la réflexion. Une dérive du sens critique, un naufrage de la pensée contradictoire.

C’est certainement favorisé par la période estivale. On se réconforte comme on peut.



- Olivier Armangau


Les thèmes de la semaine



Marchés européens


Les marchés européens ont connu une période morose alors que les indices américains atteignent des plus hauts historiques. Sur la période l’Eurostoxx 50 perd 1.35%.



Plus hauts historiques aux États-Unis


La situation du Covid-19 aux États-Unis semble s’améliorer avec une baisse de la tendance du nombre de cas journalier depuis près d’un mois. Le pays reste cependant l’épicentre la pandémie, avec près de 5.7 millions de cas et plus de 174,000 décès.

Le nombre d'Américains cherchant à obtenir des allocations chômage a chuté à 963,000 pour la semaine se terminant le 8 août, passant sous la barre du million pour la première fois depuis le début de crise, a déclaré le ministère du travail jeudi. Toutefois, le chiffre reste supérieur au pic de 665,000 en mars 2009, au lendemain de la crise financière mondiale, et au-dessus du précédent record de 695,000 en octobre 1982, lors d'un autre ralentissement économique.

La création d'emplois a repris ces derniers mois, mais les licenciements restent historiquement élevés, avec environ 13 millions d'emplois perdus pendant la pandémie. Le taux de chômage s'est établi à 10.2% en juillet, alors qu'il était de 3.5% en février avant la pandémie, soit le taux le plus bas depuis un demi-siècle.

Cependant, c’est l'amélioration des dépenses de consommation, le rebond du marché du logement, des bénéfices des entreprises plus importants que prévu (mais toujours nettement en dessous du niveau d’avant crise) et les espoirs d’un vaccin disponible d’ici la fin d’année qui renforce l'optimisme des investisseurs. Par ailleurs, l'indice Citigroup de surprise économique, qui mesure la fréquence à laquelle les données économiques dépassent les attentes du consensus, a atteint jeudi un nouveau sommet historique.

Ainsi, le sentiment positif des investisseurs combiné à une explosion des Big Tech américaines, et alors que des milliards de dollars d'aide à la relance de la Fed et du Congrès ont contribué à soutenir une économie américaine en proie à la récession, les indices boursiers explosent à la hausse. De nouveaux records historiques ont ainsi été atteint mardi à la clôture pour le S&P 500 et le NASDAQ.

A la clôture hier, le S&P 500 et le NASDAQ augmentaient de 4.92% et 30.52% respectivement depuis le début d’année, et depuis le plus bas du 23 mars ce sont des hausses stupéfiantes de 51.51% et 62.68% respectivement.


Passage en revue de l’accord de Phase 1


Une rencontre prévue le 15 août entre les représentant américains et chinois afin d’effectuer une révision de l'accord commercial signé avec la Chine en janvier a finalement été reporté par le président américain. Donald Trump avait précisé que ce report était en raison de sa frustration face à la gestion par Pékin de la pandémie de coronavirus.

Aucune nouvelle négociation commerciale de haut niveau n'est finalement prévue entre les États-Unis et la Chine, a déclaré la maison blanche, mardi. Le passage en revue de l’accord, prévu dans le cadre de l'accord commercial avec la Chine, n'a donc pas été reprogrammé, mais le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, a déclaré qu'il reste en contact régulier avec ses homologues en Chine au sujet du respect des engagements de l'accord.

Les importations chinoises de produits agricoles et manufacturés américains, d'énergie et de services sont bien en deçà du rythme nécessaire pour atteindre l'objectif de 77 milliards de dollars d'augmentation des achats pour la première année, par rapport à 2017. Mais ces achats ont tout de même récemment augmenté alors que l'économie chinoise se remet du confinement lié au coronavirus. Vendredi, le ministère américain de l'agriculture avait par ailleurs annoncé la vente de 126,000 tonnes de soja à la Chine, marquant ainsi le huitième jour de semaine consécutif de ventes importantes à des acheteurs chinois. Les ventes de pétrole brut ont également augmenté.


- Aymeric Graindorge



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Ce rapport est publié par La Financière Constance Inc. (LFC) le 19 août 2020 et s'adresse principalement aux investisseurs institutionnels. Il est fourni à titre de source générale d'information et ne doit pas être considéré comme un conseil en placement, une prévision ou une recherche, et ne constitue pas une recommandation, une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente de titres dans un territoire quelconque ou d'adoption d'une stratégie de placement. L'information contenue dans ce rapport provient de sources jugées fiables ; cependant, l'exactitude et/ou l'exhaustivité de l'information n'est pas garantie par LFC, et LFC n'assume aucune responsabilité ou obligation de quelque nature que ce soit. Toutes les opinions exprimées sont sujettes à changement sans préavis. Les stratégies et véhicules d'investissement de LFC peuvent actuellement détenir des positions longues et/ou courtes sur les titres et dérivés mentionnés dans ce rapport. Le rendement passé n'est pas indicatif du rendement futur. Le présent rapport peut contenir des "informations prospectives" qui ne sont pas de nature purement historique. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement futur et comportent des risques et des incertitudes inhérents aux facteurs économiques généraux. Rien ne garantit que les énoncés prospectifs se réaliseront. Nous vous mettons en garde de ne pas vous fier indûment à ces énoncés, car un certain nombre de facteurs importants pourraient faire en sorte que les événements ou les résultats réels diffèrent sensiblement de ceux qui sont exprimés ou sous-entendus dans tout énoncé prospectif formulé. Ce rapport ne peut être reproduit, distribué ou publié sans le consentement écrit de LFC.

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