L'appétit pour le risque




Malgré une semaine sans intérêt, l’appétit pour le risque ne se dément pas


Cette capacité qu’a le marché de nous ressortir chaque jour les mêmes thèmes pour justifier tantôt une hausse (85% du temps) tantôt une baisse (15%) est encore une fois une formidable démonstration de cette vision ultra court terme qui le caractérise depuis quelques années.


Le plus saisissant c’est que les mouvements sont majeurs alors que les nouvelles qui les justifient sont d’une pertinence toute relative. Ce sont des extrapolations de nouvelles qui font le marché.


L’exemple du moment étant les fameuses négociations sino-américaines. Les seules informations ‘pertinentes’ étant des tweet du président américain ou quelques déclarations de l’une ou l’autre délégation. Désormais il semblerait qu’un délai d’un mois serait accordé par le président Trump pour trouver un arrangement avec la Chine. Si c’est certainement une illustration que de telles négociations sont un peu plus complexe que ne le suggère les réactions de marché, c’est assurément, pour une fois, une attitude un peu plus éclairée de la part de l’administration Trump.


De même sa position à priori plus souple sur son fameux mur (alors qu’un quart seulement du budget qu’il réclame serait alloué dans le cadre de l’accord entre démocrates et républicains), qui permettrait d’éviter un nouveau ‘shutdown’ vendredi, renvoie une image plus raisonnable, moins dogmatique. Assurément la campagne pour sa réélection est lancée.


Ce matin la production industrielle en Europe a confirmé la situation désespérante dans laquelle se trouve le vieux continent. Elle s’inscrit en baisse de 0.9% dans la zone euro pour le mois de décembre après un recul de 1.7% pour le mois de novembre. Le consensus tablait sur un recul de 0.4%. La déconvenue est grande une fois de plus, et une fois encore le marché s’inscrit en hausse.


Finalement on en viendrait presque à souhaiter que ce soit un ‘hard brexit’ qui se matérialise le 29 mars pour gagner un autre 10% sur le marché. Le consensus étant que les dommages seraient essentiellement subis par les anglais. Un peu comme le nuage de Tchernobyl qui s’arrêtait, juste à la frontière de l’Europe de l’ouest…


L’Italie est désormais en récession, sans grande incidence sur son financement, ni sur son différentiel de taux par rapport au Bund. La courbe des taux aux États-Unis s’est de nouveau inversée (2 ans / 5 ans). On notera que cette fois cela n’intéresse plus personne alors que le thème de l’inversion avait été l’un des éléments de la panique du 4eme trimestre.


Le franchissement à la hausse de la moyenne mobile 200 jours du S&P 500, motive encore davantage les opérateurs pour une poursuite de la hausse. On ne trouve d’ailleurs plus aucune voix contradictoire sur la poursuite de celle-ci. Les observations ont montré que c’est lorsque tout est trop ‘évident’ et consensuel que la tendance perd de sa dynamique. Le mois de décembre est là pour nous le rappeler.


Dans l’euphorie du moment, l’intervention de la patronne du FMI au World Governement Summit de Dubai, la fin de semaine passée, doit paraitre incongru aux opérateurs de marché.


Elle a fait part de ses inquiétudes quant à l’avenir économique de la planète, évoquant même une ‘tempête’ économique et mettant en garde contre les ‘nuages qui s’accumulent’.


Encore une fois les mêmes thèmes des tensions sino-américaines, les incertitudes sur le Brexit, le ralentissement de l’économie chinoise, et plus surprenant le resserrement des taux d’emprunts, dans un contexte d’endettement mondial inouï. Surprenant parce que désormais, la FED multiplie les signes d’un statu quo sur les taux, et la BCE n’aura même pas le temps de normaliser sa politique monétaire. Et dans le contexte de ralentissement global et d’inflation agonisante, il est difficile de se projeter sur

une hausse des taux.


Quoiqu’il en soit, le message de Christine Laguarde, tout comme les propos de Mario Draghi ou ceux de Jerome Powell, sont des messages de prudences qui contrastent très fortement avec les anticipations de marché.


Bonne semaine,

Olivier Armangau




Les thèmes de la semaine



Marchés européens

Après une fin de semaine dernière plutôt négative, les marchés européens sont repartis à la hausse en ce début de semaine dans l'espoir d'avancés sur un accord commercial entre la Chine et les États-Unis.

L'Eurostoxx qui perdait 2.4% vendredi, remonte pour finir à -0.32% sur la période.



Guerre commerciale

Les espoirs d'un accord commercial sino-américain grandissent encore cette semaine et cela se fait ressentir sur les marchés.


Les représentants américains, Steven Mnuchin et Robert Lighthizer, sont arrivés mardi à Pekin pour continuer les négociations jeudi et vendredi avec Liu He, principal conseiller économique du président chinois, Xi Jinping.


Un simple « jusqu'ici, tout va bien » de la part de Mnuchin aujourd'hui concernant le déroulement des pourparlers en cours à Pékin, sans donner de détail ni préciser avec qui il avait discuté, continu de rassurer les marchés et de les pousser à la hausse ce mercredi.


De plus, la secrétaire de presse de la Maison Blanche a déclaré ce mercredi que Donald Trump évalue différentes possibilités quant à la façon de traiter l'échéance imminente de la « trêve », fixée au 1er mars. Cette date limite, qui vise à imposer de nouveaux droits de douanes sur 200 milliards de dollars d'importation dans le cas d'un non-accord, pourrait être reportée si les deux pays sont proches d'un compromis. La secrétaire a également ajouté que l'accord final dépendra évidemment de la rencontre

en personne entre Trump et le président chinois Xi Jinping qui pourrait se dérouler courant mars.



Frontière américaine

Les négociateurs du Congrès sont parvenus à un accord de principe sur la sécurité frontalière qui donnerait au président Donald Trump beaucoup moins d'argent qu'il n'en exigeait pour de nouvelles barrières, prévoyant un budget de 1.375 milliards de dollars contre 5.7 milliards demandé président. Le vote à la chambre des représentants se déroulera jeudi et à de grandes chances d'être accepté, aucune des parties ne souhaitant une nouvelle paralysie de l’État.


Affichant son mécontentement, des sources indiqueraient que le président continue de peser le pour et le contre du financement de son mur mais qu’il singerait quand même cet accord pour éviter un nouveau shutdown. Signature qui devra se faire impérativement avant minuit ce vendredi.



J-44

Alors que la date officielle du départ du Royaume-Uni de l'Union Européenne n'est plus qu'à 44 jours, aucune avancée notable n'est à relever. La situation reste toujours aussi floue qu'elle l'était la semaine passée. D'un côté, la première ministre britannique qui essaie de renégocier l'accord, notamment la question du « backstop » afin d'obtenir les voies nécessaires lors d'un vote. De l'autre les négociateurs européens et chefs d'états disent ne pas vouloir renégocier l'accord, tout en étant toutefois prêts à écouter les propositions de Theresa May… Ce jeu de poker de menteur est consternant, surtout

considérant les conséquences.




Aymeric Graindorge




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Ce rapport est publié par La Financière Constance Inc. (LFC) le 13 février 2019 et s'adresse principalement aux investisseurs institutionnels. Il est fourni à titre de source générale d'information et ne doit pas être considéré comme un conseil en placement, une prévision ou une recherche, et ne constitue pas une recommandation, une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente de titres dans un territoire quelconque ou d'adoption d'une stratégie de placement. L'information contenue dans ce rapport provient de sources jugées fiables ; cependant, l'exactitude et/ou l'exhaustivité de l'information n'est pas garantie par LFC, et LFC n'assume aucune responsabilité ou obligation de quelque nature que ce soit. Toutes les opinions exprimées sont sujettes à changement sans préavis. Les stratégies et véhicules d'investissement de LFC peuvent actuellement détenir des positions longues et/ou courtes sur les titres et dérivés mentionnés dans ce rapport. Le rendement passé n'est pas indicatif du rendement futur. Le présent rapport peut contenir des "informations prospectives" qui ne sont pas de nature purement historique. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement futur et comportent des risques et des incertitudes inhérents aux facteurs économiques généraux. Rien ne garantit que les énoncés prospectifs se réaliseront. Nous vous mettons en garde de ne pas vous fier indûment à ces énoncés, car un certain nombre de facteurs importants pourraient faire en sorte que les événements ou les résultats réels diffèrent sensiblement de ceux qui sont exprimés ou sous-entendus dans tout énoncé prospectif formulé. Ce rapport ne peut être reproduit, distribué ou publié sans le consentement écrit de LFC.

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