Inexorablement



Inexorablement


Il aurait été tentant de penser qu’avec un nouvel accroissement des cas de Covid-19 aux Etats-Unis (ceux sur lesquels le marché se focalise), un ton alarmiste de l’OMS sur l’accélération des cas dans le monde, la poursuite de la soviétisation du marché américains (la FED souhaite que les banques américaines réduise le versement des dividendes et interdit les rachats d’actions), et des nouvelles ‘craintes’ d’une énième résurgence des tensions sino américaine (sur le statut de Hong Kong) les marchés soufflent un peu.

Il n’en fallait guère davantage pour que ceux qui s’extasiaient du scenario de reprise V (l’immense majorité des intervenants donc) s’inquiètent, voire s’alarment de possibles nouvelles restrictions sociales (et donc économiques) liées à la COVID.

Mais l’élément le plus comique fut sans aucun doute le nouveau sondage de Citigroup auprès des gérants…70% des gestionnaires d’actifs estiment qu’une correction de 20% est plus probable qu’une hausse de 20% des actions ! Dis autrement, personne n’est bien évidement capable d’avoir une anticipation plausible du marché (encore moins après les variations schizophréniques depuis le mois de mars).

Mais pour certains médias financiers, faire des raccourcis en indiquant dans une même phrase « 70% et 20% de baisse » c’est beaucoup plus accrocheur.

Bref, les semaines se suivent et se ressemblent, et inexorablement le choix par défaut continue de se porter sur le marché action, inéxorablement.

Il a même remplacé les paris sportifs (qui n’ont plus lieu depuis 3 mois) pour bon nombre d’américains.

Une partie non négligeable des USD 1200 du chèque d’aide reçu par ces derniers s’est également retrouvé ‘investi’ sur le marché via des plateformes comme Robinhood, E trade et autre TD Ameritrade.

Le ‘buy the dip’ s’accommode parfaitement de ces périodes de doute rapidement effacées par l’euphorie. Et surtout cela renforce inévitablement l’attrait d’une telle ‘stratégie’.

Alors que Pékin a adopté à l’unanimité la loi sur la sécurité nationale, la cheffe de l’exécutif de Hong Kong, exhorte, maladroitement mais sans autre choix, la communauté internationale "à respecter le droit de notre pays à préserver la sécurité nationale, ainsi que les aspirations du peuple de Hong Kong à la stabilité et à l'harmonie."

Les États-Unis pour le moment ont une réponse symbolique et très molle : Ils n’exporteront plus d’armement vers Hong Kong…La belle affaire !

Par contre les Etats-Unis se font beaucoup plus discrets sur des enjeux autrement plus délicats : le 15 juin dernier, et pour la première fois en 45 ans, une ‘confrontation’ (au corps à corps d’après les médias) a eu lieu entre les indiens et les chinois au Ladakh.

Les indiens ont indiqué avoir perdu 20 soldats quand les chinois eux ont annoncé des " morts et des blessés". Le chiffre ‘humiliant’ de 35 victimes serait avéré.

Si, comme toujours, les déclarations d’apaisement diplomatiques se multiplient de la part des deux belligérants, le premier ministre indien qui doit également faire face à la pandémie de Covid 19, est également sous la pression forte de son opinion publique.

Afin d’y répondre, l’Inde a décidé, hier, le boycott d’une soixantaine d’application chinoise.

Mais une pression autrement plus dangereuse à été distillée par le Premier Ministre indien, qui a demandé à l’entreprise française Dassault d’accélérer la livraison de ses avions de combat Rafale.

Narendra Modi ‘satisfait’ certainement une partie de l’opinion mais il alimente aussi les tensions.

Les Etats-Unis qui disent suivre de près la situation, se garde bien de déclarations fantasques (auxquelles nous sommes pourtant habitués dès qu’il s’agit de ‘politique étrangère’) et supporte une résolution pacifique de la situation actuelle selon un porte-parole du gouvernement américain.

Alors qu’une des plus importantes craintes du marché réside dans la rhétorique anti chinoise que le Président Trump pourrait utiliser pour flatter sa cote de popularité en vue de l’élection présidentielle, il est au moins ‘rassurant’ de voir que la situation actuelle entre les 2 puissances nucléaires d’Asie n’est pas (encore?) utilisée par le locataire de la maison blanche. A suivre.

La dynamique positive continuera d’être alimentée par les PMI et les statistiques ‘dures’ qui auront forcement des impacts psychologiques fort vu les taux de progression qu’ils afficheront comparativement aux références des mois précédents.

Cela fournira de la matière pour le thème de la reprise en V.

Les rares éléments qui pourraient contrarier ce thème pourrait être, par exemple, un taux de chômage qui ne se redresserait pas aussi vite qu’anticipé (sauf si on continue avec les erreurs statistiques comme le mois dernier…), ou l’absence, renouvelée, de visibilité de la part des entreprises. De même il sera certainement délicat d’estimer l’impact de l’arrêt des politiques de soutien et d’accompagnement des gouvernements.

Le marché pourrait aussi s’interroger sur les valorisations bien plus élevées que lors des précédentes recessions. Mais finalement, même si des accès de faiblesse auraient une certaine logique, le sentiment de risque zéro véhiculé par la FED (avec son PUT ultime d’achat du marché action) sera le référent unique. Et si en plus la présidence de l’Allemagne du Conseil de l’Union Européenne (qui débute demain) permet d’aboutir à une véritable union politique et économique (avec en point d’orgue la mutualisation de la dette) le soutien au marché sera important.



- Olivier Armangau


Les thèmes de la semaine



Marchés européens


Les marchés européens ont connu une semaine sans grande variation alors que l’ambiance est à l’incertitude entre les menaces tarifaires, les risques de seconde vague de Covid-19 et le soulagement des réouvertures des économies et des frontières.

L’Eurostoxx 50 termine la période en hausse de 1.19% et le premier semestre 2020 à -13.65%.



Nouvelles menaces tarifaires contre l’Europe


Sans scrupules, Donald Trump relance les menaces de tarifs douaniers alors que les économies essaient difficilement de se relever des mesures drastiques de la crise sanitaire. Ces menaces portent sur 3.1 milliards de dollars d’exportations en provenance de France, Allemagne, Espagne et Royaume-Uni.

Les produits en question concernent les produits comme les olives, la bière, le gin, le fromage ainsi que les camions ou encore les avions. De plus, ces nouvelles taxes pourraient atteindre 100 %, ce qui doublerait le prix de ces produits pour les importateurs américains et pourrait empêcher entièrement leur entrée aux États-Unis.

Cette décision coïncide toutefois avec une révision de six mois des droits de douane appliqués par l'administration Trump sur les marchandises européennes en représailles aux subventions illégales accordées par Bruxelles à Airbus. Si les États-Unis appliquent de nouveaux droits de douane, ce sera probablement en septembre, date à laquelle l'OMC devrait déterminer si l'UE peut légalement imposer des droits de douane sur des biens américains d'une valeur de 11.2 milliards de dollars en représailles aux subventions illégales accordées par les États-Unis à la société Boeing.



L’Europe sur le point de rouvrir ses frontière … mais pas pour les États-Unis


Après quatre mois d'interdiction de voyager, l'Europe ouvrira officiellement ses frontières aux visiteurs de 15 pays dès le 1er juillet. Les pays les plus touchés, États-Unis, Brésil et Russie, ne font pas partie de la liste.

Jeudi dernier, le projet de liste faisait polémique, car il comptait 54 nations, dont certaines très à risque. Après de nombreux débats, notamment sur les critères d'inclusion, il ne reste que 15 pays.

La liste finale des pays approuvés a été révélée ce mardi (Algérie, Australie, Canada, Chine, Corée du Sud, Géorgie, Japon, Monténégro, Maroc, Nouvelle-Zélande, Rwanda, Serbie, Thaïlande, Tunisie et Uruguay). Elle sera revue ensuite tous les quinze jours, au fur et à mesure du retour progressif du tourisme international en Europe.

Toutefois, cette liste n'est pas contraignante, ce qui signifie que les États membres de l'UE peuvent rouvrir leurs frontières à tous les pays qu'ils souhaitent. La Commission européenne a insisté pour que les frontières extérieures soient réouvertes de manière coordonnée afin d'éviter tout chaos dans les déplacements, mais au bout du compte, c'est une décision nationale.


Statistiques américaines


Résultats encourageants sur les commandes de biens durables qui sont ressortis à +15.8% d’un mois à l’autre en mai contre -18.1% en avril. De même pour la confiance des consommateurs, nerf de l’économie américaine, qui est sorti en nette hausse à 98.1 pour mai, contre 86.6 en avril et au-dessus du consensus qui estimait 91.8.

Toutefois, les demandes d’allocation chômage ont encore été très élevées jeudi dernier, à 1.48 millions, et au-dessus du consensus qui tablait sur 1.32 millions de demandes. Ce jeudi, le consensus s’attend à ce que le nombre de demande d’allocation s’élève à 1.35 millions, ce qui en ferait la quinzième semaine consécutive à dépasser le chiffre sans précédent d'un million de demandes.


Résurgence des cas aux États-Unis


Les États-Unis voient leur nombre de cas augmenter de nouveau au cours du mois juin. De nouveaux records ont été atteints sur le nombre de cas journaliers. De plus la moyenne aux 7 jours a nettement dépassé son ancien plus haut. Ces récentes hausses inquiètent quant à la possibilité d’une deuxième vague, alors même qu’une première vague n’a jamais été réellement contrôlée aux États-Unis.

En réponse aux nouvelles infections, les gouverneurs du Texas, de la Caroline du Nord, de la Louisiane, du Kansas et l'État de Washington ont temporairement interrompu la réouverture de leurs économies. Washington a également rendu obligatoire le port de masque en public. La Floride a ordonné la fermeture de tous les bars et de certaines plages. Toutefois, l’administration Trump a réitéré une fois de plus qu’il n’y aurait pas de second confinement.

Bien qu'une partie de cette augmentation puisse être attribuée à une augmentation de 9 % des tests, les experts de la santé s’inquiètent également de l'assouplissement par les États des mesures de ‘stay-at-home’ qui avaient été utilisées pour freiner l'épidémie.

Une tendance a par ailleurs été signalée parmi ces nouveaux cas, les personnes de moins de 35 ans qui se rendent sans masque dans les bars, les fêtes et les événements sociaux, sont infectées et transmettent ensuite la maladie à d'autres personnes.


Élections municipales en France


La France a enfin réussi à conclure ses élections municipales (le second tour) après avoir été interrompues au plus fort de l'épidémie de coronavirus dans le pays. Les élections municipales peuvent être un indicateur important de l'équilibre des pouvoirs dans la politique française et les résultats ont d’ailleurs soulevé des forces tranquilles.

Une vague verte a déferlé sur la France dimanche, alors que le parti écologiste et ses alliés de gauche ont pris le contrôle dans plusieurs grandes villes dont Lyon, Bordeaux et Strasbourg. Ils ont également joué un rôle important dans la réélection du maire socialiste de Paris et ont contribué à propulser la gauche en première place à Marseille. Par ailleurs, le succès des Verts comprend des victoires dans des villes qui ont traditionnellement été des bastions de la droite.

Les analystes y voient un tournant pour les écologistes, car les préoccupations des habitants des métropoles sur des sujets tels que la pollution, la congestion, le climat et les questions sociales passent au premier plan. Toutefois, les résultats sont à prendre avec prudence pour les Verts, car leur succès dans les grandes villes n'a pas été largement répété dans les petites.

Par ailleurs, le parti centriste du président Emmanuel Macron, La République en Marche (LREM), n'a pas réussi à prendre le contrôle de grandes villes, ce qui a suscité des discussions sur un remaniement du gouvernement. Ayant viré à droite dans la première moitié de son mandat présidentiel, Macron avait déjà été amené à se concentrer davantage sur les questions sociales et environnementales dans les deux années restantes de son mandat. Une telle tendance devrait s'accélérer à la suite de la pandémie de Covid-19 et des résultats de ces élections. Le succès du parti vert met également davantage de pression sur Emmanuel Macron pour qu'il aborde les questions environnementales avant la course présidentielle de 2022.

Le Rassemblement national (anciennement Front national), un parti d'extrême droite, a quant à lui remporté la victoire à Perpignan. C'est la première fois qu'il sera à la tête d'une ville de plus de 100 000 habitants.

Malgré un taux d’abstention de 59%, ces élections municipales donnent une image encore plus nuancée de la nation et renforcent l’incertitude politique qui prévaut depuis quelques années. Le contexte de la pandémie et des dommages économiques qui en découlent impacteront les futures intentions de vote.

Boycott des réseaux sociaux


Ce mouvement découle de la campagne #StopHateforProfit qui a été lancé la semaine dernière par des associations de défense des Noirs américains et de la société civile qui reprochent au réseau social de ne pas lutter suffisamment contre les propos racistes ou haineux et qui appelle les grandes marques à retirer les dépenses publicitaires des réseaux sociaux. Les organisations de défense des droits civiques notamment ont appelé au boycott publicitaire de Facebook (et de son PDG et cofondateur, Mark Zuckerberg), affirmant que la société ne fait pas assez pour mettre fin à la désinformation et aux contenus haineux et racistes.

De nombreuses grandes entreprises américaines se sont jointes au mouvement et la liste continue à grandir de jour en jour. Au cours du week-end, ce sont Starbucks et Diageo qui ont déclaré qu'ils mettraient en pause la publicité sur toutes les plateformes de médias sociaux. Ils sont parmi les plus grands dépensiers en matière de publicité sur Facebook : Starbucks a dépensé 95 millions de dollars et Diageo 23 millions de dollars sur la plateforme l'année dernière. D'autres entreprises ont boycotté spécifiquement Facebook, tel que Honda America, Levi Strauss et Patagonia.

En réponse aux entreprises qui arrêtent la publicité, la directrice de Facebook, Carolyn Everson, a déclaré en début de semaine que la plateforme de réseau social s'engageait à purger de ses services les contenus haineux.


- Aymeric Graindorge



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Ce rapport est publié par La Financière Constance Inc. (LFC) le 30 juin 2020 et s'adresse principalement aux investisseurs institutionnels. Il est fourni à titre de source générale d'information et ne doit pas être considéré comme un conseil en placement, une prévision ou une recherche, et ne constitue pas une recommandation, une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente de titres dans un territoire quelconque ou d'adoption d'une stratégie de placement. L'information contenue dans ce rapport provient de sources jugées fiables ; cependant, l'exactitude et/ou l'exhaustivité de l'information n'est pas garantie par LFC, et LFC n'assume aucune responsabilité ou obligation de quelque nature que ce soit. Toutes les opinions exprimées sont sujettes à changement sans préavis. Les stratégies et véhicules d'investissement de LFC peuvent actuellement détenir des positions longues et/ou courtes sur les titres et dérivés mentionnés dans ce rapport. Le rendement passé n'est pas indicatif du rendement futur. Le présent rapport peut contenir des "informations prospectives" qui ne sont pas de nature purement historique. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement futur et comportent des risques et des incertitudes inhérents aux facteurs économiques généraux. Rien ne garantit que les énoncés prospectifs se réaliseront. Nous vous mettons en garde de ne pas vous fier indûment à ces énoncés, car un certain nombre de facteurs importants pourraient faire en sorte que les événements ou les résultats réels diffèrent sensiblement de ceux qui sont exprimés ou sous-entendus dans tout énoncé prospectif formulé. Ce rapport ne peut être reproduit, distribué ou publié sans le consentement écrit de LFC.

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