Exercice délicat




Exercice délicat


Alors que le plan B de Theresa May n’est rien d’autre que son plan A (comment pouvaitil

en être autrement?) retouché à la marge, le marché pense désormais qu’un nouveau

referendum se profile (cette fois les sondages montrent que les votant seraient largement majoritaire en faveur du ‘remain’) ou qu‘un report de la sortie est très probable, voire une annulation pure et simple du Brexit. Si tel devait être le cas, évidement ce serait une bonne chose pour le pays et pour les marchés mais cela enverrait une image certainement plus discutable du fonctionnement des institutions anglaises. (Le vote ne nous satisfait plus, alors on l’annule et on en fait un autre !! )


Quelle image renverrait-on alors aux populistes ou aux régimes politiques à qui l’on aime donner des leçons prétentieuses? Qu’est-ce qui nous empêcherait alors d’invalider un vote si celui-ci ne correspondait pas à la vision romantique de la démocratie que nous idéalisons?


Le 29 janvier, le parlement britannique devrait voter sur des amendements qui auraient

pour conséquence de repousser la date du 29 mars, mais surtout pour éviter le drame

d’un ‘no deal’. Après 30 mois de négociation, difficile de penser qu’une solution puisse

satisfaire le plus grand nombre en quelques jours. Mais il semble au moins y avoir une

volonté commune pour reporter la sortie de l’Union européenne.


L’opinion publique, qui semble formidablement s’agacer de cette pantalonnade, serait

favorable à un nouveau référendum., évidement.


Theresa May, en toute logique, reste droite dans ses bottes en l’excluant totalement

argumentant, entre autres que cela nuirait à la cohésion sociale, mais surtout que la

mission du gouvernement élu, à la suite du referendum, était de mettre en oeuvre le choix de la population alors exprimé. Si un tel vote devait se tenir, et indépendamment des résultats, les opposants auraient alors à leur disposition sur un plateau, un formidable précédent! Pourquoi être lié par une consultation populaire que l’on a ignorée précédemment ? Imparable ! L’inextricabilité des débats qui en suivrait achèverait de discréditer la classe politique.


Finalement qu’on le veuille ou non, le 29 mars ou après, la probabilité d’un ‘no deal’

monte chaque jour un peu plus. Et l’intransigeance affichée de Bruxelles (en façade tout

au moins) qui ne cesse d’affirmer que l’accord avec Londres est le meilleur possible,

position logique par ailleurs, ne fait qu’augmenter cette probabilité. Clairement c’est un

risque d’asymétrie important. Avec seulement 14% de probabilité qu’un tel scenario se réalise, la surprise serait grande (pour les marchés également) d’une sortie désorganisée des britanniques.


Londres et Paris s’y prépare en tout cas. Les marchés, un peu moins.


A la veille de la 1ere réunion de la BCE, il semblerait que les attentes soient finalement

assez présentes.


A peine la ‘normalisation’ monétaire engagée, de plus en plus d’intervenants de marché

(économistes, analystes, stratèges, gérants) mettent en avant la précocité de cette action!


L’inflation désespérante et la croissance anémique, et toutes les ‘menaces’ habituelles

(guerre commerciale, Brexit, risque Italie, risque populistes, pétrole, moyen orient) étant

selon eux incompatibles avec une normalisation monétaire. Le consensus attend donc

une nouvelle fois des propos accommodants. Des annonces sur le TLTRO sont également largement anticipées.


Très certainement, Mario Draghi qui veut soigner sa sortie à la tête de l’institution (et qui

est peut-être en train de préparer un avenir politique en Italie tant il y est populaire)

distillera encore un discours de prudence, mais suffisamment optimiste pour ‘tenir’ le

marché. Mais si à peine 1 mois après le début de la normalisation, la BCE met en avant

des risques suffisants pour justifier une nouvelle approche conciliante, le marché pourrait s’en inquiéter.


L’exercice sera donc délicat.


Bonne semaine,

Olivier Armangau




Les thèmes de la semaine



Marchés européens

Les marchés européens s’inscrivent en hausse pour la 4eme semaines consécutives, sur

la potentialité d’un accord sino-américain qui s’intensifie. La baisse de la croissance

chinoise et les révisions à la baisse de la croissance mondiale par le FMI ne se faisant que modérément ressentir.

***Screenshot***



Ralentissement chinois confirmé

Le Bureau des statistiques de Chine a annoncé lundi la croissance économique officielle à 6.6% sur l'année 2018. Ce niveau de croissance annuel est le plus lent depuis 1990 et la croissance du quatrième trimestre (6.4%) a été la plus faible depuis 2009. Cette baisse de croissance était toutefois largement anticipée en pleine guerre commerciale avec les

États-Unis, son principal partenaire commercial.



Croissance mondiale revue à la baisse

Le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2019 par rapport aux dernières prévisions d'octobre (qui elles-mêmes avaient déjà été revues à la baisse).


La croissance mondiale est revue de 3.7% à 3.5% et celle de la zone euro de 1.8% à 1.6%.

Le pays le plus touché de la zone dans cette révision de croissance est l'Allemagne, -0.6 à

1.3%, et l'Italie, -0.4 à 0.6%. Le FMI prévoit encore une baisse annuelle pour la Chine à

6.2% sur 2019. Les États-Unis en sortent indemne, conservant la prévision de 2.5%.



Accord Sino-américain

L’optimisme prévalait en fin de semaine dernière, alimentant la hausse des marchés.

Tout d'abord, jeudi, les fonctionnaires américains débattaient de la baisse potentielle des droits de douanes afin d'inciter Beijing à faire de plus importante concession. Puis

vendredi, un rapport de Bloomberg indiquait que Beijing aurait offert d'augmenter ses

importations depuis les États-Unis à hauteur de 1 000 milliards sur une durée de 6 ans.

Programme qui ramènerait le déficit commercial des États-Unis avec la Chine à zéro d'ici

2024. Toutefois, aucune avancée sur la question de la propriété intellectuelle, point

culminant du conflit, n'a été démontrée pour le moment.


Enfin, des rumeurs concernant une rencontre entre les deux partis qui aurait été annulée a inquiété les marchés aujourd'hui. Rumeur qui a été démentie par le conseiller

économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow. Il a indiqué par la même occasion que

les deux parties travaillaient pour les négociations au plus haut niveau. Ces discussions

préparatoires qui viseraient à ouvrir la voie à des réunions entre le vice-Premier ministre

chinois Liu He et le représentant américain du Commerce, Robert Lighthizer, la semaine

prochaine.



Plan B du Brexit

Mme Theresa May a présenté son plan B lundi à la Chambre des communes qui ressemble très fortement au plan A. Ce plan B, consiste en un programme qui s'engage sur 3 points : (1) se montrer plus souple avec les parlementaires britanniques, (2) mettre en oeuvre une demande des travaillistes qui est de garantir les droits des travailleurs sur le territoire et (3) trouver un moyen d'apaiser les tensions sur la frontière. Nouveau programme, relativement vague, qui ressemble à ce qui est fait depuis plusieurs mois et qui mènera probablement à la même finalité. Ce plan sera voté mardi prochain, le 29 janvier. Si ce vote connait un succès cela permettra à Theresa May de discuter de nouveau avec les européen afin de présenter un nouvel accord qui ne verra le jour que d'ici mi-février.


Lors de cette déclaration, la première ministre a également réaffirmé qu'il n'y aurait pas

de nouveau referendum et qu'elle ne recourrait pas à l'article 50 du traité européen, qui

viserait à repousser la date de sortie de l'UE.



Shutdown

Aujourd’hui marque le 33ème jour de l’arrêt partiel des activités gouvernementales

américaines. Cette situation interminable semble toujours sans issue.


Demain, les législateurs du Sénat voteront deux propositions qui s'opposent afin de

mettre fin au shutdown. Cependant, aucune des deux propositions ne semble pouvoir

être acceptée. D'un côté, le financement du projet du mur de Donald Trump qui sera très certainement rejeté par les démocrates à la Chambre. De l'autre, la proposition des

démocrates de rouvrir le gouvernement pour continuer à chercher un accord devra

obtenir l'appui de 13 sénateurs républicains.


Face à cette situation d'opposition il faut se rappeler qu'au début du mois pesait la

possibilité de la déclaration d'état d'urgence par Trump afin de disposer des fonds pour

la construction du mur. Décision toutefois peu populaire, 66% des américains s’opposent à cette décision selon un sondage réalisé par le Washington Post/ABC News. Situation qui n’arrangerait pas la côte de popularité du président qui est, pour le moment, tenu comme seul responsable du shutdown.

https://projects.fivethirtyeight.com/trump-approval-ratings/?ex_cid=rrpromo




Aymeric Graindorge




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