Ce ne sera qu’une question d’interprétation



Ce ne sera qu’une question d’interprétation


S’il est certain que la Fed baissera ses taux ce soir (la FED n’a jamais surpris quand les probabilités de baisse sont aux niveaux actuels, soit plus de 90%), il est également consensuel que si Powell fait preuve de ‘trop’ d’optimisme, mettant donc en pause les baisses des taux, le marché ne sera pas satisfait. Il le sera d’autant moins que le prétexte sera tout trouvé pour justifier une prise de profit sur les plus hauts historiques actuels.


Pourtant si une pause devrait intervenir c’est parce que justement la litanie des ‘menaces’ s’est estompée et/ou elle ne produit que des effets marginaux : On ne parle plus de guerre commerciale mais désormais de « trade deal », la sortie sans accord des anglais est désormais une menace ‘pratique’ plus symbolique que réelle, la croissance américaine est à ce point robuste que le mot récession a disparu, et désormais on parle même d’accélération que de ralentissement !


Les conditions financières sont toujours très (ultra?) accommodantes. La consommation des ménages américains reste vigoureuse et compense la ‘faiblesse’ des investissements des entreprises comme le montre la 1ere estimation de croissance du PIB (1.9% pour la 1ere estimation du 3ème trimestre contre 2% le trimestre précèdent et au-dessus des attentes qui étaient de 1.6%). Les résultats des entreprises sont meilleurs (ou moins pire selon l’humeur) que prévus.


’indice SOX, présenté comme un indicateur avancé, sur ses plus hauts historiques est-il compatible avec des anticipations de ralentissement ou de récession?


Les baisses de taux dites d’assurance pour prolonger le cycle économique sont indéniablement positives pour le sentiment de marché. Prolonger cet optimisme de marché, sera donc la mission du président de la FED lors de la conférence de presse de ce soir. Ce qui est assez paradoxal c’est que même si moins de 25% des acteurs de marchés pense que la FED ne baissera pas ses taux en décembre, la réaction du marché à un discours de pause (donc un discours moins pessimiste sur la situation économique, ce qui in fine et la configuration ‘logique’ pour une poursuite de la hausse du marché action) sera négative alors même qu’elle est anticipée.


Ainsi donc, pour le consensus, si la FED conditionne ses actions aux données économiques (la fameuse « data dependency ») et dit que ses décisions seront prises « meeting by meeting » la déception est probable. Pour altérer l’impact négatif d’une telle pause, l’institution monétaire pourra évoquer l’accident du PMI manufacturier du mois dernier (visiblement biaisé par la grève chez General Motors) et son éventuelle ‘transmission’ au PMI des services ainsi que la légère baisse du sentiment des ménages et la moindre dynamique du marché de l’emploi. La banque centrale pourra ainsi conserver une attitude accommodante (à défaut du ton), pour une éventuelle action ultérieure, en matière de politique monétaire.


En Europe, c’est à peu près la même chose.


La croissance allemande est en berne depuis que les relations commerciales internationales se sont dégradées. Les PMI manufacturiers et service sont en contraction, la production industrielle en baisse, le PIB en repli important. Le ralentissement chinois et la guerre commerciale impactent logiquement et fortement la plus grande économie exportatrice. Les ZEW et autre IFO confirment également cette situation délicate…et pourtant le DAX est au plus haut sur 17 mois, c’est-à-dire depuis que les tensions commerciales ont débuté en juillet 2018. Autrement dit malgré la situation économique rapportée, perçue et/ou anticipée le marché action allemand se porte comme un charme.


S’il fallait encore sans convaincre, le soutien des banques centrales produit des effets positifs considérables.


L’espoir d’une relance budgétaire allemande (le marronnier de 2020) et la détermination du président américain d’afficher une croissance forte pour sa réélection seront certainement les éléments de base pour la continuité du sentiment positif, même si une déception de court terme intervenait ce soir avec la FED, ou vendredi avec des PMI de nouveau en contraction et des chiffres de l’emploi moins bons qu’anticipés.


L’impression qui se dégage néanmoins, c’est que l’on aime se créer de fortes inquiétudes afin d’augmenter la dramatique, pour finalement accumuler des mini rallyes de soulagement, alors que fondamentalement rien ne change radicalement, ou en tout cas avec une très faible inertie.



Olivier Armangau




Les thèmes de la semaine



Marchés européens

Les marchés européens sont restés calme cette semaine à l’issue d’une réunion de la BCE jeudi dernier tel qu’espérée, dans l’attente de la Fed et sans informations concrètes sur l’évolution du front commercial sino-américain.


L’Eurostoxx 50 gagne 0.32% sur la période et la volatilité s’apprécie de 2.53%. Seul le marché espagnol s’inscrit en repli.



Brexit : C’est reparti pour un tour


Malgré son obstination et entêtement, Boris Johnson aura failli à sa parole de réaliser le Brexit dans les délais initialement prévus. Alors que le Brexit été prévu pour demain, jeudi 31 octobre, le Premier ministre a finalement demandé et formalisé un report auprès de l'union européenne au 31 janvier 2020.


Dans cette impasse, Boris Johnson a demandé à la Chambre des communes de tenir des élections anticipées, qui selon lui représentent « la seule façon maintenant de faire avancer ce pays ». Après plusieurs heures de débats mouvementés et l'utilisation des subtilités du système électoral britannique, les députés ont approuvé mardi 29 octobre le projet du Premier ministre de tenir des élections anticipées. Le projet de loi sur l'accord de retrait (WAB) a ainsi été mis en suspens et il ne progressera pas avant les élections générales.


Toutefois, le projet de loi doit encore être adopté par la Chambre des Lords, qui l’examine ce mercredi. Dans l'hypothèse où cela se produirait, sans autre tentative de modifier la date, le Parlement sera dissous le 6 novembre et les élections auront lieu le 12 décembre. Ce qui se passera ensuite sur le Brexit dépendra ainsi du résultat de cette élection.


A ce jour, les possibilités sont les suivantes :


· Mise en place de l’accord de Boris Johnson


C'est le plan des conservateurs, conquérir une majorité absolue afin d’honorer la promesse de mettre en œuvre le Brexit. Une nouvelle version du projet de loi sur l'accord de retrait devrait être présentée au nouveau Parlement avec pour objectif que le projet de loi soit achevé à temps pour que le Brexit ait lieu le 31 janvier 2020.


· Un nouveau référendum


Il pourrait également y avoir un autre référendum, même si cela nécessiterait certainement un nouveau délai du Brexit. Certains experts déclarent qu’une telle décision pourrait prendre près de 6 mois à être mise en place.

Les travaillistes, le SNP, Change UK, Plaid Cymru et le Parti Vert sont tous en faveur d'un nouveau référendum.

· L’annulation simple du Brexit


Il existe également la possibilité légale d'annuler complètement le Brexit en révoquant l'article 50 dans le cas où il y aurait un changement de gouvernement.

Les libéraux-démocrates ont dit que s'ils obtenaient la majorité à la Chambre des communes, ils révoqueraient l'article 50 et annuleraient le Brexit. S'ils n'obtenaient pas la majorité, ils appuieraient un autre référendum.



Croissance solide aux États-Unis


Le produit intérieur brut américain a progressé plus rapidement que prévu au troisième trimestre, mais il a légèrement ralenti à mesure que les investissements des entreprises ont continué de diminuer. Le ministère du Commerce a déclaré ce mercredi que l'activité économique avait augmenté à un taux annualisé de 1.9% au troisième trimestre, en légère baisse par rapport au rythme de 2% du deuxième trimestre mais en hausse face au consensus qui s'attendait à une croissance de 1.6 %.


L’économie américaine connaît donc une croissance de 124 mois, et continue ainsi sa plus longue période de croissance ininterrompue – qui était historiquement de 120 mois, atteinte entre 1991 et 2001.


Les données meilleures que prévues sont le résultat de la poursuite des dépenses de consommation ainsi que des dépenses gouvernementales. Les dépenses de consommation des particuliers ont augmenté à un taux annualisé de 2.9 %, tandis que les dépenses publiques ont augmenté à un taux de 2 %. La croissance des investissements privés a toutefois continué de fléchir au cours du troisième trimestre, avec un recul de 1.5 %, mais nettement inférieur à la baisse de 6.3 % du deuxième trimestre.



Aymeric Graindorge



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Ce rapport est publié par La Financière Constance Inc. (LFC) le 30 octobre 2019 et s'adresse principalement aux investisseurs institutionnels. Il est fourni à titre de source générale d'information et ne doit pas être considéré comme un conseil en placement, une prévision ou une recherche, et ne constitue pas une recommandation, une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente de titres dans un territoire quelconque ou d'adoption d'une stratégie de placement. L'information contenue dans ce rapport provient de sources jugées fiables ; cependant, l'exactitude et/ou l'exhaustivité de l'information n'est pas garantie par LFC, et LFC n'assume aucune responsabilité ou obligation de quelque nature que ce soit. Toutes les opinions exprimées sont sujettes à changement sans préavis. Les stratégies et véhicules d'investissement de LFC peuvent actuellement détenir des positions longues et/ou courtes sur les titres et dérivés mentionnés dans ce rapport. Le rendement passé n'est pas indicatif du rendement futur. Le présent rapport peut contenir des "informations prospectives" qui ne sont pas de nature purement historique. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement futur et comportent des risques et des incertitudes inhérents aux facteurs économiques généraux. Rien ne garantit que les énoncés prospectifs se réaliseront. Nous vous mettons en garde de ne pas vous fier indûment à ces énoncés, car un certain nombre de facteurs importants pourraient faire en sorte que les événements ou les résultats réels diffèrent sensiblement de ceux qui sont exprimés ou sous-entendus dans tout énoncé prospectif formulé. Ce rapport ne peut être reproduit, distribué ou publié sans le consentement écrit de LFC.

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