Clivage en Espagne et retour en grâce de l’Allemagne?



Clivage en Espagne et retour en grâce de l’Allemagne?


Pedro Sanchez était à la recherche d’une majorité robuste en vue de sortir le pays du blocage législatif dans lequel il se trouvait depuis les élections du 28 avril dernier.

Les résultats des élections anticipées de dimanche divisent encore davantage le paysage politique espagnol.

L’extrême droite, VOX, obtient 52 sièges contre 24, devenant la 3eme force politique du pays derrière le Parti populaire (qui gagne aussi des sièges passant de 66 à 88) et le Parti socialiste de Pedro Sanchez qui lui perd 3 sièges, en obtenant 120.

En guise d’une majorité absolue, c’est une alliance surprise avec l’extrême gauche Podemos qui a été annoncé hier ! Nous sommes donc très loin de l’objectif initial. Ce n’est pas le genre d’alliance qui incitera l’opposition à des concessions. Au contraire, c’est un clivage encore plus fort qui se met en place. Alors que la croissance espagnole était exemplaire (en absolue mais également relativement à la zone euro) cette coalition pourrait sonner le glas d’un environnement favorable à la poursuite de cette dynamique.

Les marchés donnent certainement un début de réponse avec un IBEX en baisse de 1.21% à la clôture ce soir (après avoir perdu prés de 2% au plus bas de la séance).


Cet épisode politique négatif, intervient alors que les flux à destinations des actions européennes ont enregistré leurs plus fortes rentrées nettes en 5 mois. Peut être à la faveur de la poursuite de l’amélioration du sentiment vis-à-vis de l’Allemagne (moins de crainte sur la mise en place de tarif par les Etats-Unis concernant l’industrie automobile)

Si la situation en Allemagne était un sujet de préoccupation majeur pour le consensus, la publication d’un ZEW très largement au-dessus des attentes pourrait être le bourgeon que le marché à envie de voir.

D’autant plus que le sentiment reste très positif, dans un marché certes toujours alimenté par les grands titres, mais qui réagit de moins en moins aux nouvelles contradictoires, tant celles-ci sont devenues la norme. Ainsi depuis quelques jours les certitudes concernant un accord « proche », et la levée des tarifs, ne sont plus que des hypothèses de moins en moins probables, mais cela n’intrigue guère le marché.


Revenons à l’Allemagne.

Ainsi donc, alors que les craintes concernant la mise en place de tarifs par l’administration américaine sur les autos allemandes s’estompent, et que le fameux plan de relance fiscal est de plus en plus ancré dans les anticipations des intervenants, le ZEW (attente en matière de croissance économique) est ressorti négatif à 2.1 pour le mois de novembre contre -22.8 le mois précédent et largement au-dessus du consensus qui était de -13. Cette très nette amélioration du sentiment s’exprime aussi dans la rotation sectorielle en cours en faveur des cycliques (pas seulement en Allemagne, mais globalement).


Alors que quelques jour avant sa prise de fonction Christine Lagarde indiquait que l’Allemagne et les pays bas n’avait « pas vraiment fait les efforts nécessaires » (en matière de relance budgétaire), son 1er discours en tant que présidente n’a pourtant été rien d’autre qu’un hommage à l’ancien ministre des finances allemand, Wolfgang Schauble ! Ce n’est cependant pas l’orthodoxie budgétaire allemande qui a été flatté mais la carrière d’homme d’état.

L’attente du marché concernant Madame Lagarde, est qu’elle fasse usage de ses expériences politiques et plus largement de son influence politique pour non seulement calmer les exaspérations des allemands de la BCE concernant la politique monétaire mais surtout que la prise de relais budgétaire devienne une réalité en Europe alors que la satisfaction marginale du marché à la politique monétaire s’est réduite comme peau de chagrin.

Avec une argumentation ménageant ainsi aussi bien les ‘colombes’ que les ‘faucons’ de la BCE, ce à quelques jours d’intervalle, la présidente semble prendre la mesure de sa mission, du moins dans sa dimension politique.



Olivier Armangau




Les thèmes de la semaine



Marchés européens

Les marchés ont fini de manière dispersée sur la période entre le Cac 40 français qui continue sa croissance en prenant 0.69% et reste bien orienté tandis que l'Ibex espagnol chute de 2.17%, notamment à cause de la situation politique comme indiqué précédemment.



Guerre commerciale


Jeudi dernier les responsables chinois et américains ont déclaré que les deux pays avaient convenu de réduire les droits de douane sur leurs marchandises respectives dans le cadre de l'accord commercial « phase 1 », si celui-ci était conclu.


Toutefois, le président américain Donald Trump a par la suite déclaré vendredi aux journalistes qu'il n'avait aucunement accepté de réduire les droits de douane sur la Chine, mais que Pékin aimerait qu'il le fasse. Aussi les marchés des clarifications lors du, Discours de Donald Trump devant l'Economic Club de New York. Que nenni ! le sujet d'un accord commercial n'a été que brièvement abordé et sans concrètes mesures laissant entendre que l'accord commercial n'est pas encore en voie d'être conclu.


Néanmoins, le temps joue en faveur des États-Unis alors qu'une nouvelle série de droits de douane de 156 milliards de dollars sur les biens chinois est prévue dans à peine plus d'un mois, le 15 décembre.



Hong Kong


La situation à Hong Kong a pris une tournure résolument sombre cette semaine avec la violence et les perturbations économiques qui se sont accélérées. C’est la 24ème semaine de manifestations. Aucune issue positive ne semble envisageable à ce stade.


Ce lundi, ce fut l'un des jours les plus violents depuis juin. Les affrontements entre les manifestants et la police se sont intensifiés après qu'un policier ait tiré sur un manifestant. Les manifestations ont continué depuis et pousse la ville dans un tel chaos qu'un porte-parole de la police a déclaré aux journalistes que la ville était « au bord d'un effondrement total ».Selon une déclaration du bureau de liaison du gouvernement chinois à Hong Kong, le territoire « glisse dans l'abîme du terrorisme » qualifiant d'« acte de terrorisme flagrant » le fait de mettre le feu à un homme – l'acte en question fait référence à un homme de 57 ans qui défendait la Chine et qui a été incendié par un manifestant après une dispute apparente. Cette perte de contrôle augmente ainsi les inquiétudes au sujet de l'intervention de Pékin.


La persévérance et l'intensification des manifestations à Hong Kong laissent deux options à Pékin, déclare David Cui, un analyste de BofA. La première, c'est que la Chine pourrait accorder à la région administrative spéciale une « autonomie complète ». La seconde, qui, selon M. Cui, est « plus probable », est que Pékin va « entrer en jeu et formuler un grand nombre de politiques, y compris des politiques économiques » pour la ville et bouleverserait très significativement les politiques des 20 dernières années


Du côté des marchés, lundi l'indice boursier hongkongais a connu son plus mauvais jour depuis des mois, débutant la semaine par un repli de 2.6%. A la cloture ce matin, la perte était de 3.9% depuis lundi.



Procédure de destitution


La procédure de destitution de Donald Trump initialement déclenché le 24 septembre 2019 par Nancy Pelosi à la suite de la controverse entre le président américain et l’Ukraine, passe à l’étape suivante.


Après six semaines d’auditions dans la discrétion du huis clos, le congrès a donné le coup d’envoi ce mercredi d'une série d’auditions publiques qui ont pour but de mettre en évidence publiquement des preuves et des témoignages que les démocrates estiment accablants pour Trump. Ces témoignages permettront également de déterminer si le président Trump a abusé de ses fonctions et devrait être destitué.


Les auditions publiques ont débuté à 10 h (heure de Washington) avec deux diplomates: William Taylor, chargé d’affaires américain à Kiev, et George Kent, haut responsable du département d’État spécialiste de l’Ukraine. Cette semaine suivra une audition supplémentaire ce vendredi 15, celle de Marie Yovanovitch, l'ancienne ambassadrice en Ukraine. Puis 10 autres auditions sont prévues jusqu’au 21 novembre.


Donald Trump n’est que le troisième président de l’Histoire américaine à être visé par une procédure de destitution. Aucun n’a jamais été démis de ses fonctions.



Aymeric Graindorge




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Ce rapport est publié par La Financière Constance Inc. (LFC) le 13 novembre 2019 et s'adresse principalement aux investisseurs institutionnels. Il est fourni à titre de source générale d'information et ne doit pas être considéré comme un conseil en placement, une prévision ou une recherche, et ne constitue pas une recommandation, une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente de titres dans un territoire quelconque ou d'adoption d'une stratégie de placement. L'information contenue dans ce rapport provient de sources jugées fiables ; cependant, l'exactitude et/ou l'exhaustivité de l'information n'est pas garantie par LFC, et LFC n'assume aucune responsabilité ou obligation de quelque nature que ce soit. Toutes les opinions exprimées sont sujettes à changement sans préavis. Les stratégies et véhicules d'investissement de LFC peuvent actuellement détenir des positions longues et/ou courtes sur les titres et dérivés mentionnés dans ce rapport. Le rendement passé n'est pas indicatif du rendement futur. Le présent rapport peut contenir des "informations prospectives" qui ne sont pas de nature purement historique. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement futur et comportent des risques et des incertitudes inhérents aux facteurs économiques généraux. Rien ne garantit que les énoncés prospectifs se réaliseront. Nous vous mettons en garde de ne pas vous fier indûment à ces énoncés, car un certain nombre de facteurs importants pourraient faire en sorte que les événements ou les résultats réels diffèrent sensiblement de ceux qui sont exprimés ou sous-entendus dans tout énoncé prospectif formulé. Ce rapport ne peut être reproduit, distribué ou publié sans le consentement écrit de LFC.

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