Bientôt un second PUT sur le marché?


Bientôt un second PUT sur le marché?


Demain Mario Draghi présidera son avant dernier comité de politique monétaire. Assurément l’un des plus attendu par le marché tant la situation économique est jugée préoccupante par les intervenants.


Durant l’été les annonces se sont succédé pour apporter du soulagement, puis plus récemment quelques bémols ont été judicieusement distillé pour tenter de calmer les attentes. Le comportement du bund 10 ans allemand est une bonne illustration de l’effritement des attentes positives du marché.


Le consensus est certains que la BCE abaissera son taux de dépôt au minimum de 10 pb au maximum de 20 pb. De plus, pour soulager les banques dont la profitabilité est supposée être altérée par les taux bas et négatifs, un système de taux négatifs avec divers paliers (le tiering, nouveau mot à la mode financière) sera mis en place.


Ensuite, (parce que, oui, les cadeaux ne s’arrêtent pas là) concernant un nouvel assouplissement quantitatif, les avis sont plus mitigés. Pour certains ce sera 30 milliards d’achat mensuels pour une durée de 6 à 9 mois incluant des obligations privées, pour d’autres l’assouplissement quantitatif sera simplement évoqué, et pour les plus optimistes on irait jusqu’à 40 milliards sans précisions de durée.


Le marché, habitué qu’il est désormais de recevoir tout ce qu’il demande, et au-delà, réagira en fonction de l’amplitude des annonces. La volatilité implicite est en hausse importante depuis quelques jours alors que le marché ne fait rien et une rotation importante entre les actions à fort et faible momentum se constate également sur la période.


C’est très certainement le signe que les incertitudes sont finalement bien présentes.


Il est intéressant de noter que concomitamment aux inquiétudes du marché sur un pack de la BCE qui pourrait finalement être décevant, des rumeurs se faisaient de plus en plus persistantes concernant un plan de relance budgétaire allemand.


Ainsi, il était fait mention de ‘budget parallèle’ qui permettrait, en s’affranchissant du diktat budgétaire, d’augmenter l’investissement public.


Le projet de budget pour 2020 présenté hier par le ministre des finances allemand, qualifié de ‘budget en expansion’ ne comportent pourtant aucune nouvelle dette et il reste, au grand dam des partenaires économiques de l’Allemagne, ‘désespérément’ à l’équilibre.


L’espoir pourrait cependant résider dans le fameux ‘plan climat’ (considéré comme très ambitieux par les observateurs) dont les dépenses ne figuraient pas dans le projet de budget délivré hier.


Si les limites de la politique monétaire expansionniste de la BCE semblent atteintes, c’est aussi un bon rappel pour les gouvernements que la politique monétaire ne peut pas tout.


Et c’est peut-être là que la politicienne Christine Lagarde, qui prendra son poste le 1er novembre à la tête de la BCE, aura un rôle beaucoup plus important à jouer. Si Mario Draghi aura marqué sa présidente avec le ‘Whatever it takes’ Madame Lagarde pourrait bien impulser, une approche non conventionnelle beaucoup plus utile pour la ‘vraie’ économie en martelant auprès des dirigeants européens, la nécessité, voire l’impériosité, d’une relance budgétaire. Son profil politique lui sera utile.


Ce sera alors un PUT pour le marché d’une efficacité redoutable.


Elle pourra être aider en cela par la nouvelle commission européenne.


Sa nouvelle présidente, Ursula von der Leyen, a donc présenté son équipe hier. Et finalement le portefeuille prestigieux de l’économie sera confié à l’ancien premier ministre italien, Paolo Gentiloni. C’est une première, et un signal politique (voire économique) fort à l’endroit de l’Italie.


Le simple fait que le poste n’a pas été attribué ni à un allemand, ni à un hollandais, est-il le message implicite d’une détente sur la discipline budgétaire ?


Bonne semaine,

Olivier Armangau




Les thèmes de la semaine



Marchés européens


Les marchés européens seront encore restés relativement calme et positivement orientés dans l’attente des décisions des banques centrales européenne (ce jeudi) et américaine (18 septembre), et dans l’espoir que celles-ci annoncent des décisions accommodantes.

L’Eurostoxx 50 gagne 1.91% et la volatilité perd 6.9% sur la période.



Coup sur coup pour BoJo


La semaine dernière le parlement avait réussi à reprendre l'agenda du Brexit permettant de faire voter une proposition de loi visant à empêcher une sortie sans accord de l'Union européenne. Loi qui a ultimement été passée, rendant illégale une sortie sans accord, contraignant un nouveau report du Brexit au 31 janvier 2020, au cas où aucun accord de retrait ne serait conclu avec Bruxelles.


Boris Johnson a dans la foulée présenté une motion pour convoquer des élections législatives anticipées afin de « laisser les citoyens voter pour un Brexit avec ou sans accord ». Mais le premier ministre a encaissé une nouvelle défaite alors que les députés ont rejeté sa motion ce lundi 9 septembre. Le premier ministre continue cependant à marteler que le Royaume-Uni sortira de l'UE « coûte que coûte », avec ou sans accord, le 31 octobre prochain. Et qu'il ne demandera pas de nouveau report, malgré la loi approuvée la semaine dernière.


Ce vote s'était tenu lors de la dernière séance avant une suspension du Parlement pendant cinq semaines, soit jusqu'au 14 octobre. Mais dernier coup de théâtre ce mercredi, la justice écossaise a jugée *« illégale » la décision très controversée du premier ministre de suspendre le Parlement pour cinq semaines alors que l'échéance du Brexit se rapproche. Le gouvernement a réagi en se disant « déçu » par cette décision, qui « ne change rien » pour l'heure. Et immédiatement annoncé qu'il formait un recours auprès de la Cour suprême à Londres. Il pourrait être examiné à partir de mardi prochain.


Les conséquences concrètes d'une telle décision de justice sont encore incertaines sur la suspension du gouvernement. Chose certaine est que cela ajoute à la confusion immense qui tourne autour du Brexit.



La Chine lève ses tarifs


« Bonnes nouvelles » sur le front commerciale cette semaine. Les États-Unis et la Chine ont convenu de retourner à la table des négociations. Il s'agira de la première rencontre en face à face entre les deux parties depuis la nouvelle escalade des dernières semaines. Les discussions reprendront donc au début du mois d'octobre, selon un communiqué publié en Chine jeudi 5 septembre par le ministère du Commerce du pays. Aucune date précise n'a pour autant été trouvée.


De plus, ce mercredi la Chine vient de lever les droits d'importation sur plusieurs produits américains. C'est la première fois que Pékin accorde de telles exemptions depuis le début de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Les exemptions tarifaires portent sur 16 produits, tels que les crevettes, la farine de poisson et les médicaments contre le cancer. Toutefois, cette liste d'exemptions ne comprend pas les principales marchandises assujetties aux droits de douane, comme le soja ou la viande. Les exemptions entreront en vigueur le 17 septembre et dureront un an.



Aymeric Graindorge




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Ce rapport est publié par La Financière Constance Inc. (LFC) le 11 septembre 2019 et s'adresse principalement aux investisseurs institutionnels. Il est fourni à titre de source générale d'information et ne doit pas être considéré comme un conseil en placement, une prévision ou une recherche, et ne constitue pas une recommandation, une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente de titres dans un territoire quelconque ou d'adoption d'une stratégie de placement. L'information contenue dans ce rapport provient de sources jugées fiables ; cependant, l'exactitude et/ou l'exhaustivité de l'information n'est pas garantie par LFC, et LFC n'assume aucune responsabilité ou obligation de quelque nature que ce soit. Toutes les opinions exprimées sont sujettes à changement sans préavis. Les stratégies et véhicules d'investissement de LFC peuvent actuellement détenir des positions longues et/ou courtes sur les titres et dérivés mentionnés dans ce rapport. Le rendement passé n'est pas indicatif du rendement futur. Le présent rapport peut contenir des "informations prospectives" qui ne sont pas de nature purement historique. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement futur et comportent des risques et des incertitudes inhérents aux facteurs économiques généraux. Rien ne garantit que les énoncés prospectifs se réaliseront. Nous vous mettons en garde de ne pas vous fier indûment à ces énoncés, car un certain nombre de facteurs importants pourraient faire en sorte que les événements ou les résultats réels diffèrent sensiblement de ceux qui sont exprimés ou sous-entendus dans tout énoncé prospectif formulé. Ce rapport ne peut être reproduit, distribué ou publié sans le consentement écrit de LFC.

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