Assumer la portée de ses actions




Assumer la portée de ses actions


Consécutivement à la décision du Président américain de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien, et parce que l’Union Européenne a été une fois encore totalement incapable de faire valoir sa position (mettant ainsi les entreprises étrangères implantées en Iran en position de risque financier…américain), c’est ‘logiquement’ que l’Iran a annoncé qu’il allait augmenter sa capacité d’enrichissement d’uranium. Bien évidemment, passer de 3.67% (combustible civil) à plus de 80% (nécessaire pour faire une arme nucléaire) est un processus légèrement plus complexe qu’une ‘simple’ intention d’enrichissement, mais l’objectif de Téhéran est atteint : toutes les actions envers l’Iran présument de conséquences. La politique étrangère américaine de la présidence Trump, caricaturale et sans aucune sensibilité, qui ne vise qu’à imposer les stricts intérêts américains, ce sans aucune considération géopolitique, va produire des conséquences de plus en plus dommageables. Au premier rang desquelles figurent la décomplexion des interlocuteurs. Puisque désormais la politique de l’affrontement est totalement assumée y compris d’un point de vue commercial, il est inévitable que les adversaires mais aussi les partenaires et les ‘ennemis’ n’auront plus la retenue qui a pu prévaloir jusqu’à présent (particulièrement sous la présidence Obama). Nous retournons ainsi dans la cour de récréation. Le premier ministre israélien n’en demandait pas tant pour affûter davantage sa rhétorique. En ‘tournée’ européenne, Monsieur Nethanyahou va s’employer à rallier les européens à sa ligne dure contre l’Iran, n’hésitant pas à mettre en avant que ‘le but de l’Iran est d’éradiquer Israël ‘ Pour le moment, le nouvel allié de circonstance saoudien, le prince héritier Slimane, n’a fait aucune déclaration sur le sujet mais, dans son conflit interposé avec l’Iran au Yémen il y a fort à parier que la réaction sera prochaine. Loin de se préoccuper de cette situation au Moyen-Orient, le marché semble plutôt porter une attention…moins désinvolte sur l’Italie. Après avoir obtenu un vote de confiance mardi soir, le chef du gouvernement italien flanqué de ses 2 vices premiers ministres, extrémiste pour l’un, et populiste pour l’autre, a pourtant bien annoncé qu’il mettrait tout en oeuvre pour porter le contrat de gouvernement (le fameux, qui rappelons-nous, avait mis le feu aux poudres et qui consiste principalement à augmenter les dépenses de l’État, les aides sociales, mettre en place un revenu minimum et réduire les impôts. En gros, un dérapage incontrôlé du déficit public). Comme toujours, le marché obligataire a une approche beaucoup plus rationnelle que le marché action. Ainsi le CDS italien, certes en détente sur la semaine, affiche toujours des niveaux élevés. De même le 10 ans italien se tend de nouveau sensiblement depuis 2 jours. Avec un tel gouvernement et un tel programme, il est difficilement envisageable d’avoir un retour rapide de la sérénité, à moins que, une fois encore, la BCE (conseil des gouverneurs suivi d’une conférence de presse la semaine prochaine) nous gratifie d’une petite formule magique pour immuniser le marché de tout risque. Le marché pourrait donc connaître de nouveaux épisodes de stress. La FED sera aussi de la partie la semaine prochaine. A priori un non-événement, (une hausse des taux de 0.25% est attendue à 100% et 20% anticipe une hausse de 0.50%). Enfin toujours, la semaine prochaine, vendredi 15 juin, il y aura les 4 sorcières (expiration simultanée de 4 types de contrats : options, futures sur indices, options sur futures indices et futures sur actions). L’importance est de taille car, pour le S&P500 en particulier, près du 1/3 de l’exposition des teneurs de marchés (pour l’ensemble des expirations de 2018) expire ce jour-là. C’est une taille gigantesque. Ainsi le notionnel des options S&P500 qui expire est de USD 500 milliards et de USD 250 milliards ajusté du delta. C’est sur la plage de strike de 2650 / 2800 que se concentre l’essentiel des positions. Suite à l’expiration de vendredi on peut penser que le marché pourra s’affranchir plus facilement de ses bornes, en établissant alors de nouvelles.


Olivier Armangau




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Ce rapport est publié par La Financière Constance Inc. (LFC) le 6 juin 2018 et s'adresse principalement aux investisseurs institutionnels. Il est fourni à titre de source générale d'information et ne doit pas être considéré comme un conseil en placement, une prévision ou une recherche, et ne constitue pas une recommandation, une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente de titres dans un territoire quelconque ou d'adoption d'une stratégie de placement. L'information contenue dans ce rapport provient de sources jugées fiables ; cependant, l'exactitude et/ou l'exhaustivité de l'information n'est pas garantie par LFC, et LFC n'assume aucune responsabilité ou obligation de quelque nature que ce soit. Toutes les opinions exprimées sont sujettes à changement sans préavis. Les stratégies et véhicules d'investissement de LFC peuvent actuellement détenir des positions longues et/ou courtes sur les titres et dérivés mentionnés dans ce rapport. Le rendement passé n'est pas indicatif du rendement futur. Le présent rapport peut contenir des "informations prospectives" qui ne sont pas de nature purement historique. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement futur et comportent des risques et des incertitudes inhérents aux facteurs économiques généraux. Rien ne garantit que les énoncés prospectifs se réaliseront. Nous vous mettons en garde de ne pas vous fier indûment à ces énoncés, car un certain nombre de facteurs importants pourraient faire en sorte que les événements ou les résultats réels diffèrent sensiblement de ceux qui sont exprimés ou sous-entendus dans tout énoncé prospectif formulé. Ce rapport ne peut être reproduit, distribué ou publié sans le consentement écrit de LFC.

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