Le O



Le O


Cette semaine encore, les développements sur la Covid et les nouvelles restrictions sociales qui fleurissent un peu partout sur la planète relèguent au second plan la campagne électorale américaine. Campagne qui prend un drôle de visage sur la forme (sur le fond il n’y a rien ou presque). Le débat annulé par le président Trump refusant de participer à un format virtuel, a été remplacé par un échange entre des électeurs et les candidats sur 2 chaines différentes, sous le format de « town hall ».

L’idée d’un débat c’est qu’une confrontation d’idée permette, idéalement, d’aboutir à une réflexion qui décidera du vote.

Mais à moins d’être doté d’un don d’ubiquité, l’exercice d’hier n’aura rien apporté de neuf à chacun des partisans. Il aura simplement conforté chaque camp dans sa conviction puisque ‘naturellement’ chaque partisan aura regardé la prestation de son favori.

Le clivage de la société américaine est inédit, et malheureusement l’exercice d’hier qui aurait dû être une étape importante de la campagne (surtout après le pathétique spectacle du 1er débat) a contribué à maintenir ce clivage.

La Covid éclipse tout sur son passage, et finalement on va presque finir par s’en réjouir.

Ne parlons donc pas du conflit dans la région séparatiste du Haut-Karabakh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

La Turquie soutenant l’Azerbaïdjan et la Russie au côté de l’Arménie, tentent mollement de faire preuve de responsabilité en appelant à un cessez le feu.

Le médiateur du conflit (États Unis, France et Russie) ne parvient pas non plus à tempérer les revendications belliqueuses des parties.

Frontière avec l’Iran, cette région séparatiste, pourrait s’embraser d’autant plus facilement que la Turquie s’emploie à envenimer la situation.

Ankara, membre de l’OTAN, est publiquement accusé (notamment par le président français) d’avoir envoyé des djihadistes syriens sur zone.

La communauté internationale tétanisée par la pandémie de Covid, forcément, redoute l’internationalisation du conflit, mais comme absolument tous les autres sujets du moment, celui-ci n’est au plus, qu’une distraction médiatique.

Entre Biden qui fait des réunions en face de voiture (qui klaxonnent pour souligner l’approbation du discours), et Trump qui fait des meetings devant des regroupement de gens qui ne respectent ni la distanciation sociale ni le port du masque, la seule préoccupation du marché cette semaine reste la date d’adoption du plan de soutien.

Même la saison des résultats qui a débuté cette semaine ne passionne pas. Encore une fois, l’exception Covid, permet de faire passer tous les résultats.

Ce qui est saisissant c’est qu’une nouvelle fois la certitude des derniers jours (peu importe le président élu il y aura forcément un plan de relance) est devenue (à nouveau) une source d’inquiétude : le marché est maintenant chagriné car cet accord entre démocrate et le gouvernement républicain n’interviendra pas avant les élections…

Cette logique s’applique aussi aux fameux vaccins contre la Covid.

L’annonce par J&J de la suspension des essais cliniques de son vaccin (en phase 3) après celle d’AstraZeneca (qui utilisait la même ‘technologie’) puis l’avis de suspension par Eli Lilly d’un essai clinique a fait vaciller, légèrement, les certitudes.

Mais comme à chaque fois les mouvements de baisse relèvent plus du prétexte que de la conviction.

En bout de ligne, rien ne change. A l’heure ou chacun s’interroge sur la lettre qui symbolisera le mieux la forme de la reprise, le O semble être celle qui désigne le mieux le comportement du marché.

L’incertitude politique ne semble plus en être une (même si les volatilités implicites restent quand même élevées). Indépendamment de l’environnement sanitaire, économique, social, géo politique, la confiance, sans être euphorique comme les mois derniers, reste robuste.


- Olivier Armangau


Les thèmes de la semaine



Marchés européens


Dans la continuité de la semaine précédente, malgré les inquiétudes liées à l’augmentation des cas de Covid-19, les multiplications des mesures de restrictions en Europe et le Brexit qui ne va pas en s’arrangeant, les marchés européens progressent doucement mais sûrement.

L’Eurostoxx 50 gagne 1.23% sur la période et le Vstoxx baisse de 6.93%.



Confusions mais espoirs sur le plan d’aide américain


Au cours de la semaine dernière, Donald Trump a envoyé des signaux très contradictoires quant à son désir de voir un accord pour un plan de relance.

Mardi dernier, il avait demandé aux républicains de se retirer des négociations avec la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, pour signaler plus tard son désir d'agir sur des projets de loi isolés concernant l'aide aux compagnies aériennes et les chèques de relance distribués aux particuliers. Puis, vendredi, les conseillers de Trump ont présenté une contre-offre de 1.8 trillions de dollars (versus les plans de 1.6 trillions des républicains et 2.2 trillions de démocrates), après que le président ait déclaré lors d’une émission de radio qu'il voulait un projet de relance plus important que la proposition des démocrates...

Enfin, ce mardi, le président Trump a exhorté le Congrès à y aller fort pour une nouvelle série de mesures de relance de la lutte contre les coronavirus, malgré les larges objections de son propre parti à sa dernière proposition de 1.8 trillions de dollars. « STIMULUS ! Go big or go home !!! » a-t-il a été tweeté mardi matin.

Ainsi, dans l’ensemble, après tous ces revirements de positions du président qui ont semé la confusion, c'est tout de même l'espoir de trouver un accord sur un plan de relance qui ressort au cours de la semaine, d’autant que mardi dernier les espoirs étaient au plus bas.

Ces changements de positions par le président ne sont toutefois pas anodins. En effet, Trump est actuellement à la traîne du candidat démocrate Joe Biden dans les sondages nationaux et dans les États pivots. Ceci semble donc être principalement le résultat de décisions stratégiques pour les élections puisqu’un accord de relance pourrait donner un coup de fouet à Trump dans les derniers jours de la campagne.

Perte de contrôle en Europe sur le front du coronavirus


La France et le Royaume-Uni ont enregistré une croissance exponentielle dans le nombre de cas recensé au cours de ces dernières semaines, le nombre de cas en une journée ont même atteint de nouveaux plus hauts la semaine dernière avec près de 27,000 cas en France et plus de 17,500 au Royaume-Uni, ce qui souligne l'inquiétude croissante de la région qui semble perdre le contrôle de la pandémie. Le nombre de patients atteints de Covid-19 en soins intensifs dans les hôpitaux parisiens a triplé depuis le début du mois de septembre.

Toutefois, le nombre de décès ne semble être que peu affecté face à cette hausse de cas, le nombre de décès journaliers liés au Covid ne dépassent pas les 150 en France et au Royaume-Uni tandis qu’au pic courant avril ceux-ci atteignaient près de 1500 et 1200 respectivement. Ceci s’explique notamment par une meilleure prise en charge des patients, une connaissance plus approfondie du virus, mais surtout d’une population d’infecté plus jeune et moins sensible au virus. Si la résurgence du virus semble jusqu'à présent moins mortelle que l'épidémie du printemps, il faut tout de même se méfier puisque l'évolution exponentielle du nombre de cas risque de surcharger les hôpitaux.

Ainsi, les dirigeants européens envisagent de nouvelles mesures de confinement. Lundi, le Premier ministre britannique Boris Johnson a notamment annoncé que les bars et les pubs seront fermés dans les régions les plus touchées d'Angleterre afin de contrôler la recrudescence des cas de coronavirus, et son principal conseiller en matière de santé a averti que d'autres mesures pourraient encore être nécessaires. Les ménages de la région de Liverpool se verront interdire de se rassembler à l'intérieur et dans les jardins privés, et il sera déconseillé aux gens de se déplacer dans la région et d'en sortir. La France a également déclaré l’état d’urgence et a annoncé un couvre-feu de 21h à 6h à Paris et huit autres villes fortement touchées pour au moins quatre semaines. L'Italie et les Pays-Bas envisagent également de nouvelles restrictions.

Pendant ce temps, sur le front des vaccins, deux candidats issus de l'essai américain de Johnson & Johnson et d'AstraZeneca, sont en pause pour des raisons de sécurité. Malgré la pression mondiale pour un vaccin, avec des douzaines d'essais cliniques et l'espoir de premières inoculations cette année, Mme Swaminathan, directrice générale adjointe des programmes de l'OMS, a déclaré que des injections rapides et massives semblaient peu probables d'ici la fin de l'année.

Brexit, l’aventure continue


Comme un déjà vu, une autre échéance du Brexit se profile à l'horizon, mais les discussions devraient se poursuivre par la suite.

Le Premier ministre britannique avait déclaré le 15 octobre comme date butoir en avertissant qu'il se retirerait des négociations commerciales avec l'Union européenne si aucun accord clair n'était en vue à cette date. Les discussions entre le Royaume-Uni et l'UE sur leurs relations post-Brexit ont ainsi recommencé à Bruxelles lundi, avec pour objectif de parvenir à un accord avant le sommet des dirigeants de jeudi.

L'urgence a été soulignée par les appels téléphoniques du week-end entre Johnson et le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil, Charles Michel, ont également appelé d'autres dirigeants européens pour s'assurer que le bloc reste uni.

Bien que l'optimisme demeure sur la possibilité d’un accord, les négociateurs britanniques et européens ont déclaré qu'ils ne le feraient pas à n'importe quel prix et les divergences persistantes ne laissent pas présager d'un accord d’ici demain.

Par ailleurs, l'UE a déclaré à plusieurs reprises que tout accord prendrait environ deux mois pour être ratifié, traduit dans les nombreuses langues de l'UE et approuvé par le Parlement européen, ce qui sous-entend que la date butoir pour le bloc est fixée au 1er novembre.

Ainsi, selon des sources et des documents, l'Union européenne et la Grande-Bretagne vont bel et bien prolonger les négociations Brexit au-delà de la date limite de demain pour tenter de combler les lacunes persistantes qui empêchent la conclusion d'un nouvel accord commercial. Les points clé à résoudre comprennent notamment l'égalité des conditions de concurrence, la pêche et la gouvernance.

FMI d’humeur positive


Mardi, le Fonds monétaire international (FMI) s'est montré un peu plus positif sur l'économie mondiale pour cette année, mais a mis en garde contre une reprise « longue, inégale et incertaine ». Ces prévisions économiques légèrement moins négatives, bien qu’encore profonde, s'expliquent notamment par un rebond plus rapide des principales économies mondiales. L’institution a par ailleurs prévenu que les perspectives de nombreux pays émergents étaient en train de se dégrader.

L’institution estime donc que l'économie mondiale devrait se contracter de 4.4% en 2020, contre une contraction de 5.2% estimée en juin. En 2021, le PIB mondial devrait croître de 5.2%, un rebond un peu moins marqué que le 5.4% anticipé en juin. Les prévisions du FMI supposent que la distanciation sociale due à la pandémie de coronavirus se poursuivra jusqu'en 2021, et que la transmission locale diminuera partout d'ici la fin de 2022.

Aux États-Unis, le FMI estime désormais une contraction de 4.3% du PIB cette année, soit une baisse nettement moins importante que celle de 8% prévue en juin. Toutefois, pour 2021, c’est une croissance de « seulement » 3.1% contre 4.5% estimé précédemment.

Dans le même temps la zone euro subira une contraction de 8.3% en 2020, contre 10.2% anticipée en juin. La chute du PIB devrait être limitée à 6% en Allemagne mais pourrait atteindre 9.8% en France et 12.8% en Espagne. En 2021, la zone euro devrait bénéficier d'un rebond de 5.2% seulement, contre 6% prévu en juin, avec une croissance attendue à 4.2% en Allemagne, 6% en France, et 7.2% en Espagne.

La Chine serait la seule grande économie à rester en croissance cette année avec une hausse de 1.9% du PIB, près de deux fois plus que prévu précédemment, et son rebond atteindrait l'an prochain 8.2%. Et les économies des marchés émergents et en développement se voient contracter de 3.3% cette année, mais dans des endroits comme l'Inde, le PIB est en baisse de plus de 10%.

Enfin, le FMI a mentionné que les tensions géopolitiques, les frictions commerciales, les catastrophes naturelles, les changements des conditions de financement et de nouveaux foyers de contaminations de coronavirus demeurent les principaux risques à la baisse pour ses projections.



- Aymeric Graindorge



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Ce rapport est publié par La Financière Constance Inc. (LFC) le 16 octobre 2020 et s'adresse principalement aux investisseurs institutionnels. Il est fourni à titre de source générale d'information et ne doit pas être considéré comme un conseil en placement, une prévision ou une recherche, et ne constitue pas une recommandation, une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente de titres dans un territoire quelconque ou d'adoption d'une stratégie de placement. L'information contenue dans ce rapport provient de sources jugées fiables ; cependant, l'exactitude et/ou l'exhaustivité de l'information n'est pas garantie par LFC, et LFC n'assume aucune responsabilité ou obligation de quelque nature que ce soit. Toutes les opinions exprimées sont sujettes à changement sans préavis. Les stratégies et véhicules d'investissement de LFC peuvent actuellement détenir des positions longues et/ou courtes sur les titres et dérivés mentionnés dans ce rapport. Le rendement passé n'est pas indicatif du rendement futur. Le présent rapport peut contenir des "informations prospectives" qui ne sont pas de nature purement historique. Les énoncés prospectifs ne garantissent pas le rendement futur et comportent des risques et des incertitudes inhérents aux facteurs économiques généraux. Rien ne garantit que les énoncés prospectifs se réaliseront. Nous vous mettons en garde de ne pas vous fier indûment à ces énoncés, car un certain nombre de facteurs importants pourraient faire en sorte que les événements ou les résultats réels diffèrent sensiblement de ceux qui sont exprimés ou sous-entendus dans tout énoncé prospectif formulé. Ce rapport ne peut être reproduit, distribué ou publié sans le consentement écrit de LFC.

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